‹ La crise française, faits, causes, solutionsChapitre 114 sur 191 · COXCLISIOX DE LA DEUXIÈME PARTIE IL Y A POLITIQUE ET POLITIQUE · texte numérisé non relu

COXCLISIOX DE LA DEUXIÈME PARTIE IL Y A POLITIQUE ET POLITIQUE

Parmi foutes les causes de la situation présente que nous venons d'étudier, il en est une dominante qui demande à être mise en vive lumière, car elle pénètre et renforce à peu près toutes les autres.

Cettecause dominante réside dans les dégradations successive subies chez nous par la notion àepolitiqtie. L'aboutissement final a été tel que ce que nous appelons maintenant la politique n'est pas, en réalité, la politique.

Qu'est-ce que la >< politique "? C'est l'art de gérer au mieux les intérêts durables d'un peuple. C'est donc l'art de sauvegarder les intérêts généraux d'une nation. Or, personne ne pourra soutenir que ce soit là le sens que le mot "politique » ait actuellement en France.

Chez nous présentement, le mot u politique » veut dire, en fait, combinaisons de personnes ou d'intérêts privés. 11 s'agit de se faire élire député ou sénateur, afin de « décrocher " le plus tôt possible un maroquin ministériel ou d'obtenir des ministres, pour soi et ses amis, les sportules du pouvoir. L'esprit « arrondissementier « dans ce qu'il a dp plus bas domine les neuf dixièmes de la vie politique ainsi comprise de nos représentants. Leurs intérêts particuliers coalisés oppriment absolument les intérêts généraux de la nation. De ceux-ci, les parlementaires ne se préoccupent que dans les crises graves, devant les menaces de l'étranger, sous la pression de l'opinion, mais

alors leur intervention est dépourvue d'ej^cacité, car elle est trop tardive. Ils en sont donc réduits à enregistrer et à sanctionner les engagements les plus manifestement dangereux pour la nation, comme l'a montré avec éclat la discussion parlementaire du traité du 4 novembre 1911 avec l'Allemagne.

p II semble donc qu'on puisse justement conclure : la cause dominante de la crise actuelle du pays, c'est que nous faisons trop de « politique " selon la formule des politiciens, et pas de « politique >> au sens initial et véritable du mot.

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