‹ La crise française, faits, causes, solutionsChapitre 16 sur 191 · HÉLAS! QUELLE DOULEUR · texte numérisé non relu

HÉLAS! QUELLE DOULEUR

Air : Hélas ! quelle douleur (Cantique)

— 0 brave Faralicq, L'plus doux des flics Et tellement béte!

0 brave Faralicq,

Toi le plus chic

Des cogn "s et des flics !

On a voulu voir si ta tète

Etait d'itois comme on le répète !

Mais je u'ai plus d'mouchoir

Pour pleurer c'soir

Les victim's du d'voir!'

— Guillaume, t'as pris tantôt Un coup d'couteau

Entre les épaules.

Guillaum', t'as pris tantôt Un coup d'couteau :

Ça fait froid dans l'dos !

Kn songeant à ton sort pas drôle

Y a de quoi pleurer comioe un saule !

Mais je n'ai plus d'mouchoir

Pour pleurer c'soir

Les vicUm'g du d'Toir !

— Ah! mon Dieu ! te voilà

Dans quel état,

Pauvre Portenseigne,

Ah ! mon Dieu ! te voilà

Dans quel état?

Presque chocolat!

T'es couvert de blessur's qui saignent :

Attends un peu que je te plaigne !

Je n'ai plus d'mouchoir

Pour pleurer c'soir

Les victim's du d'voir.

Sinistres policiers,

Vous qui cogniez

Sur nous sans relâche.

Sinistres policiers.

Vous qui cogniex

Sur nous sans pitié,

V'ous pouvez crever, tas de vaches :

On n'pleur' pas les brut's et les lâches.

Je n'ai plus d'mouchoir

Pour pleurer c'soir

Les victim's du d'voir!

Gaston Cocri. (Voir La Ctterre Sociale, 10 mai 191 1.)

Le criminel attentat de Pont-de-l' Arche fut salué par La Gtierre Sociale avec une extrême satisfaction.

Loin de considérer les saboteurs comme des lâches, nous les considérons comme des hommes courageux, pratiquant la solidarité à l'égard de leurs compagnons de lutte ; même ceux qui ont tenté de faire dérailler le rapide du Havre ne sont pas des lâches; non seulement leurs intentions étaient louables, puisqu'ils agissaient dans l'intérêt seul de leurs frères les chemi-

nots révoqués, mais c'étaient des braves, puisqu'ils s'exposaient, s'ils étaient pris, à la peine capitale... (Voir La Guerre Sociale, 12 juillet 1911. Cité par L'Opinion, 22 juillet 1911.)

Quant au pillage et aux incendies de la Marne :

Ça, c'est de la belle besogne, s'écria Gustave Hervé, digne des fils des Jacques qui jadis promenèrent la torche dans les châteaux.

La guerre des pauvres contre les riches, voilà la bonne guerre, la guerre sainte, la seule guerre où les exploités aient quelque chose à gagner, la seule qui au XX^ siècle vaille la peine qu'on y risque sa peau.

Les événements de Champagne nous apportent le même réconfort, la même espérance que la belle grève des cheminots.

Un peu de cohésion, un peu d'ensemble, un peu de discipline dans la révolte, et ça y est!

Un sans patrie. (Voir La Guerre Sociale, 12-18 avril 1911.)

Les \io\cnces de La Guerre Sociale

Les condamnations „ , , ,,, , „

, ont ete tellement répétées, tellement

graves que son rédacteur en chef a

été frappé d'un certain nombre de condamnations. Ces

représailles inquiètent d'ailleurs fort peu le citoyen Hervé,

qui de sa prison continue à envoyer à son journal des

articles incendiaires.

Cette tranquillité du citoyen Hervé résulte évidemment de ce fait qu'après tout les condamnations qui l'atteignent sont relativement bénignes.

Le 10 novembre 1911, dans son réquisitoire, M. l'avocat général Matter disait aux jurés de la Seine :

Vous préconisez le sabotage, s'écrie-t-il en s'adressant à M. Hervé, vous essayez de pousser au meurtre des simples dont l'esprit s'imprègne de votre littérature néfaste. Prenez garde! Demain peut-être vos doctrines seront la cause d'actes sanguinaires et épouvantables. Que la responsabilité du sang ainsi versé retombe sur votre tête. (Voir Le Journal, 11 novembre 1911.)

LES FAITS bâ

Hervé fut condamné à deux ans de prison, nutis on lui accorda des circonstances atténuantes.

Des circonstances atténuantes! pour un homme qui depuis des années prêche la guerre civile enti-e Français et qui au plus fort de la crise franco-allemande déclalait :

Nous vous saboterons votre mobilisation si vous commettez le crime de ne pas vous arranger avec l'Allemagne à propos du Maroc. Et en attendant nous vous saboterons votre diplomatie. Nous obligerons votre ambassadeur à filer doux devant l'ambassadeur des requins d'Allemagne. (Voir La Guerre Sociale. Cité par Le Matin, 12 juillet 1911.)

, L'orsanisation de l'anarchie est

Le Service " . - • , , i

. . , . encore caractérisée chez nous par la

de surate *

. , ^. création du S. S. R., du Service de

révolutionnaire. , , , , . . . , ,.

surete révolutionnaire, établi par

G. Hervé et ses amis dans le but de démasquer des agents provocateurs. Cette organisation n'hésita pas à séquestrer par ruse dans les bureaux de La Guerre Sociale les citoyens Bled, ûudragne et Métivier. Une « perquisition " fut faite au domicile de M. Bled par les camarades Dulac et Perceau, u commissaires aux délégations révolutionnaires » . La mère de Dudragne demanda un « permis de communiquer n qui lui fut d'ailleurs refusé par les douze « juges » peu humains de La Guerre Sociale. Puis les « débats » eurent lieu. Ils furent présidés par Almereyda. Des jeunes gardes révolutionnaires tenaient en respect les prévenus, revolver au poing, et c'est le revolver sur la tempe que lesdits prévenus assurèrent avoir signé les déclarations qu'on exigeait d'eux. A la suite de ces séquestrations, le parquet chargea M. Boucard, juge d'instruction, d'ouvrir une instruction. Le 3 août 191 1, le citoyen Dolié qui était le " préfet de police » des révolutionnaires et ses amis furent

arrêtés sous l'inculpation de violation de domicile, d'usurpation de fonctions, etc. Le procès eut lieu, tous les inculpés furent acquittés par le jury qui n'a pas admis, — quelque opinion qu'on puisse avoir sur les agents provocateurs, — qu'il était de l'intérêt général de punir une violation formelle et scandaleuse de la liberté individuelle.

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