IV. LK NOMBRE DES DÉPLTÉS
La première réforme à réaliser, pour obtenir une Chambre soustraite aux principales causes d'affaiblissement et de discrédit dont nous constatons les lamentables effets, consiste à restreindre considérablement le nombre des députés.
A l'heure actuelle, nous avons près de GOO députés. 507 exactement. Pour(juoi? Aucune raison ih principe ne nous y contraint.
, La nation doit être représentée,
Par rapport . . , , ,. .
mais rien n obli<ic a ce que ce soit au pays. e \ t\ v » - *
par une lonle. Or. 1 expérience est
il pour démontrer que 600 personnes, même si on les suppose remarquables, groupées dans une même salle n'auront jamais le calme, la dignité et la puissance de travail d'une assemblée, plus médiocre peut-être comme intelligence moyenne, mais moins nombreuse. C'est là une vérité qui d'ailleurs est en train de se faire jour. Elle est si conforme aux désirs latents du pays que M. ^Llginot, dans un amendement de surenchère destiné à faire échouer la R. P., a proposé une disposition qui réduirait de cent
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environ le nombre des députés. (Voir IjC Matin, 26 mars 191 2. j Le Petit Journal (28 mars 1912) a alors constaté que u le nombre de nos députés est beaucoup trop grand, que nos législateurs feraient une merveilleuse besogne s'ils n'étaient pas une Foule qui, trop facilement, se transforme en cobue, qu'il sera impossible de supprimer à l'avenir cette réduction (proposée par M. Maoinot), d'ailleurs promise au moment du vote des 15 000 francs, dont elle devait être la rançon y .
On perçoit, en effet, aisément les avantages de cette restriction du nombre des députés, dépenses moindres, tenue morale meilleure de l'assemblée; on n'en discerne pas les inconvénients. Le |)rincipe de la réduction du nombre des députés est donc déjà à peu près admis, mais, pour que cette réduction ait une valeur pratique, il faut qu'elle soit réalisée dans de sérieuses proportions.
Pourquoi la France, qui a 40 millions d'babitauts, ne se contenterait-elle pas de 300 députés? On va voir que ce nombre sufGrait amplement.
^ Les députés ont à représenter la
Par rapport ^ »^
, ,. rrance tout entière (nommes, lem-
a la populaUon. r * \ i u a i,
mes et entants) ; leur nombre doit
doue être envisagé par rapport à la population française totale et non pas du tout eu égard au chiffre des électeurs inscrits, comme ou l'a proposé récemment, ce qui entraînerait des injustices certaines.
Or, la France, d'après les chiffres du dernier recensement, sur une population
totale de 39 601 509 habitants
compte 1 132 696 étrangers
donc en déflnitive . . . 38468 813 Françaisseulcment.
Par conséquent, si on admet le chiffre de 300 députés, un député représenterait en chiffres ronds 128 000 habitants.
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C'est là une représentation très sulïisunte si l'on considère qu'après tout l'unique tâche des députés autorisée par la Constitution consiste à voter le budget et à faire les lois. Ils n'ont nullement à s'occuper des intérêts privés de leurs coteries électorales, ce sont là des fonctions parasitaires entièrement nuisibles à la nation. Le chiffre de I député pour 128 000 habitants français n'a rien d'ailleurs qui puisse effrayer, puisque à l'heure présente, en raison de l'injustice de notre régime actuel résultant de l'absence de péréquation électorale, nous avons déjà certains députés qui représentent des circonscriptions comprenant à peu près ce chiffre d'habitants et ceux-ci ne s'en portent pas plus mal.
Il va sans dire qu'un nouveau régime électoral ne pourrait fonctionner dans des conditions équitables sans une rigoureuse péré(}uation des circonscriptions électorales, aGn de rendre impossibles les irrégularités monstrueuses signalées plus haut. (Voir p. 629.)
- . . ^. On arriverait aisément à ce résul-
Lescirconscnptions . , . , , , , . e
., ^ , tat, si les départements français
électorales. , *
étaient groupés de façon à former
seulement vingt circonscriptions électorales. Chacune d'elles par conséquent comprendrait environ 1924000 habitants français qui auraient à élire 15 députés.
Le premier avantage de ces grandes circonscriptions électorales serait de permettre un fonctionnement aisé du scrutin de liste avec la représentation proportionnelle qui ne peut fonctionner sous sa forme la plus simple que sur un territoire suffisamment étendu ; mais, comme ou va le voir, cet avantage ne serait pas le seul.
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