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II. — LES APACHES DANS l'aRMÉE

Si les apaches civils pullulent depuis quelques années, il en est de même des apaches militaires.

Ces criminels en uniforme qui se révèlent maintenant

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presque chaque jour mettent le comble à notre humiliation.

En incorporant dans nos régiments tant de condamnés de droit commun, en vertu des lois créées spécialement dans ce but (lois du 21 mars 1905 et 11 avril 1910), nous avons empoisonné l'armée comme à plaisir, et nous nous sommes abaissés nous-mêmes aux yeux des étrangers.

Et tout cela par l'effet d'une pitié larmoyante, imbécile, d'une faiblesse, d'une incompréhension qui dépasse les bornes du vraisemblable !

On se souvient du cynisme des

Leur cynisme. ,, , , , ., ^ .

soldats assassins de Mme Gouin.

Autre exemple. Le 8 octobre 191 1 , les soldats Henri Nolot et Benjamin Tisseau assassinèrent pour la voler Mme veuve Luccau, fermière aux Montaudières, à Verron, près de la Flèche. Les deux misérables étaient entrés demander abri à la fermière sous prétexte de mauvais temps. Les débats du procès établirent que la mère Luceau, en bonne Française, sur la simple vue de leur uniforme, fil fêle aux jeunes gens. Elle leur parla de gloire militaire, leur dit que son mari avait combattu en 1870. Les deux apaches répondirent en se jetant sur la pauvre femme sans défense et l'étranglèrent. Le 18 décembre 1911, le conseil de guerre du Mans condamna à mort ces deux abominables bandits qui, jusqu'<à ce moment, firent preuve du plus grand cynisme.

La contagion ^^' l'enquête avait révélé que l'un

„^„ • .„ des meurtriers, Tisseau, était un réci-

organisee. . / '

diviste et avait subi, avant son incorporation, une peine d'un an d'emprisonnement pour coups, blessures et rébellion.

Une fois de phis, disait Le Temps (20 octobre 1911), la dangereuse sensiblerie dont les parlementaires sont animés à

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l'endroit des irrëguliers de la société a causé tout le mal. C'est pour faciliter la rédemption des mauvais sujets que la loi de 1910 impose aux jeunes gens honnêtes le contact pernicieux de certains condamnés de droit commun. Sans doute, le sentiment qui a guidé la Chambre et le Sénat dans l'élaboration de cette loi n'est pas répréhensible en soi... Mais l'armée n'est pas une école de repentis, et dans l'impossibilité où on se trouve de sonder les consciences, peut-être serait-il préférable d'épargner d'abord les risques de contamination aux honnêtes soldats plutôt que de tenter au moyen du régiment des conversions hypothétiques.

De tout temps, les mauvais ont plus facilement contaminé les bons que l'exemple des bons n'a amélioré les mauvais. Mais cette vérité, même mise en évidence par les siècles, n'est pas reconnue par MM. nos législateurs.

Le cas de l'assassin de la Flèche n'est pas malheureusement isolé, car le nombre des conscrits au casier judiciaire chargé de multiples condamnations pour coups, blessures, etc., augmente chaque année. Il s'élevait l'année dernière à 9 961. (Voir Le Temps, 20 octobre 1911.)

Dans ces conditions de contagion organisée, la multiplication des crimes commis par des soldats en uniforme est inévitable.

Voilà le résultat de toutes les idées humanitaires que des rêveurs, enquête de réclame, ont introduites dans les régiments, disait encore Le Temps (26 octobre 1911)... Il faut débarrasser notre armée de France de tous les condamnés de droit commun, de tous les mauvais sujets qui empoisonnent nos régiments et qu'un faux humanitarisme protège.

Il faut renvoyer en .Afrique les soldats des sections spéciales qu'une idée généreuse et trop sentimentale a fait revenir en France et qu'on a installés, en dépit des protestations justifiées des populations, dans nos îles de la Manche, de l'Océan et de la Méditerranée.

D'un autre côté, l'opinion publique est lasse de toutes les tergiversations, de toutes les promesses — qui n'aboutissent jamais — de séparer les bons des mauvais soldats.

Les honnêtes pères de famille ne veulent plus, pour leurs enfants appelés sous les drapeaux, la fréquentation d'apaches prêts à toutes les besognes, dont la conscience et le cœur sont gangrenés.

C'est M. Millerand, le plus énergique ministre de la Guerre que nous ayons eu depuis longtemps, qui semble enfin devoir faire droit à ces justes réclamations et débarrasser notre armée des apaches qui la corrompent et la déshonorent.

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