CHAPITRE XV
LES LOIS XON APPLIQUÉES PEtlDENT LELR EFFICACITÉ
I. Quelques cas typiques. — Le tas Kicordeau. — Le cas Manhès. — L'incendie du Calédonien — On a laissé librement se multiplier les apaches militaires. — Pendant et après les troubles de ChampajjOe. ^**- Le cas de Jean Mourmetas. — La prison ridicule.
II. La répression à l'étranger. — Le sabotage en Allemagne et eb Angleterre. — Comment en (îrande-Bretagne on protège la vie humaine.
III. La notion du droit s'affaiblit chez nous. — Action des recommandations politiciennes. — Effet de la propagande de la C G T.
D'où vient la marée montante des délits et des crimes de toute nature dont nous sommes les témoins stupéfaits? D'une cause bien simple : l'impunité. Sous l'effet d'une sensiblerie maladive combinée avec le régime des recommandations politiciennes, nos lois répressives sont dé moins en moins appliquées. Klles tombent donc pratiquement en désuétude. Or, maintenir aux lois une force constamment agissante est le devoir primordial des gouvernements. Les noires, depuis une douzaine d'années, ont complètement failli à cette tàcbe essentielle, et c'est en laissant impunis les délits et les crimes, ou en les réprimant mollement, qu'ils ont suscité l'état de choses actuel. On conçoit difGcilement comment une pareille aberration a pu être commise, car l'expérience des siècles est là pour prouver qu'aucune société humaine ne peut Subsister sans lois et, par conséquent, sans leur application.
i48 LA CRISE FRANÇAISE
Rien ne nous autorise à croire l'homme meilleur qu'il ne Test. Les foits nous démontrent que les freins sociaux des lois et des règlements sont indispensables à toute société organisée, puisque, dès qu'ils se relâchent, la bête humaine reparaît, les délits et les crimes augmentent.
Et cela est vieux comme l'humanité! C'est parce que le gendarme n'existait pas que Caïn a pu tuer Abel, et c'est en se perfectionnant que les sociétés ont créé la force publique et les sanctions pénales qui sont la condition inéluctable de leur durée et de leur développement pacifique.
Or, les lois ne manquent pas chez nous ; nous en avons un remarquable arsenal. A peu près tous les cas sont prévus, mais qu'importe! puisque dans la crise que nous traversons, par l'effet d'une défaillance gouvernementale sans excuse, ces lois, dans bien des cas, on ne les applique plus. Actuellement, pour qu'un malfaiteur soit condamné chez nous, il faut un concours de circonstances extraordinaires. Quand la condamnation, malgré tout, a eu lieu, elle est généralement faible. Elle ne constitue donc pas un exemple suffisant. Encore très souvent, la peine n'est-elle pas supportée intégralement en raison des amnisties et des grâces qui sont aujourd'hui presque périodiques.
Les cas d'impunité manifeste, contraire aux lois ou résultant d'une mollesse dangereuse pour les intérêts de la collectivité, sont légion. Je me bornerai à en citer quelques exemples.