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CHAPITRE II Le Montanisme à Rome

On a souvent remarqué le pouvoir d'attraction qu'exerçait Rome, dès les premiers siècles du Christianisme, sur les initiateurs des mouvements religieux nouveaux et sur leurs partisans les plus actifs. C'est là qu'ils accouraient de préférence pour répandre leurs idées et pour capter à leur profit, si faire se pouvait, le prestige de ce centre d'autorité ^. Valentin y était venu d'Egypte 2, Cerdon, de Syrie ^, Marcion, de Sinope (en Paphlagonie) * . Marcellina y pro-

^ A. Harnack, Mission, I ^, p. 311 " die rômische Gemeinde... ist der Zielpunkt der meisten Christen, die wir als Reisende kennen. » C. Caspari, Qiiellen zur Gesch. des Taufsymhols, III, p. 309 : « Zudem woUten sic sich in der grossen, hochangesehenen und sehr einflussreichen Gemeinde der Welthaupstadt Geltung, ja zum Theil selbst von ihr Anerkennung verschafîen, um dadurch anderwârts desto leichter Eingang gewinnen und sich desto stàrker ausbreiten zu kônnen. Das Ansehen der Kirche Roms sollte sie bei ihren Bestrebungen decken, sie sollte ihnen, so zu sagen, den Stempel der Christlichkeit und Kirchlichkeit oder Rechtglaûbigkeit aufdrùcken. » Voir aussi Th. Zahn, Forschungen, VI, p. 4.

^ Irénée, Contra H aer., III, iv, 3 (P. G., vu, 856) : « O-JaXsvTÏvo; iJ-àv yàp TiXOev £Î; 'Po')|jlyiv èttI Tyivo-j. »

^ Irénée, Contra Haer., I, xxvii, i (P. G., vu, 687) : « KâpSiov 6e tiç aTtô T(i)V TTspl xbv !^îij.o)va ta; içopixa; XafJwv, xat iittÔTiiiTiiTa; èv t-^ 'l'wixy; àTtl 'rvivo-j... » Cf. ibid., III. IV, 3 (P. G., vu, 856).

* Épiphane, Pan., XLII, i. {Corp. Haer., II, i, 554.)

pagea, sous Anicet, la doctrine carpocratienne ^. Florinus, docteur gnostique, originaire d'Asie, avait réussi à s'y couler dans les rangs du clergé ^. Théodote de Byzance y avait importé également ses négations contre la divinité du V Christ 3. « Il semble, remarque Mgr Duchesne, que l'Orient ne pût enfanter une hérésie sans éprouver aussitôt le besoin de la produire sur le théâtre de Rome *. »

A dire vrai, les intrigues de ces théologiens hétérodoxes n'avaient obtenu qu'un succès des plus médiocres : Valentin, Cerdon, Marcion, Florinus, Théodote, s'étaient vus tour à tour démasqués et confondus. Mais ces exemples n'étaient pas, néanmoins, de nature à décourager les agents du Montanisme. Ils devaient se rassurer sur leur incuriosité des spéculations dogmatiques, laquelle, en ce temps de métaphysique à outrance et de constructions suspectes, était pour eux une note excellente. De plus, les austérités qu'ils préconisaient ne pouvaient manquer de prévenir en leur faveur les éléments rigoristes de la com.munauté romaine, et de faire penser qu'ils étaient victimes, en Asie, de la conspiration des égoïsmes dérangés dans leur quiétude. Quel triomphe pour eux si, par une intervention renouvelée de celle de 97, — quand Clément de Rome avait si vivement morigéné les Corinthiens trop prompts aux dissensions et aux schismes, —

^ Irénée, Contra Haer., I, xxv, 6 (P. G., vu, 685) : « Unde et Marcellina, quae Romam sub Aniceto uenit, cum esse huius doctrinae, multos exterminauit. »

^ Cf. Eusèbe, V, xx, 5 (extrait d'une lettre d'Irénée à Florinus) : « Elôov Y^P '^^i Ttaï; eti wv, iv zf^ vA-m Wnia — apà Ilo//jxip-(i)... " Cf. Eusèbe, V, xv : « 01' ô'èirl 'Pw[xr,ç r,x[xa^ov, wv T,v£tTo 4>).a)prvo;, -psaJJv- Tîpi'ou TT,; £y.7.),r|T!'a; àuoTiôawv. »

^ Épiphane, Haer., LIV (Œhler, Corpus haereseoL, II, 11, p. 120) : « O'JTo; ô WïôSoTo; iTTO B-j^avTto*j [jiàv wpjxâTO, ... iTTÉopaiî tt,; iavToC TraTpiSo;, y.al àva^à; si; 'P<i)[xr,v ixitue SiÉTp'.^ïv. »

* Églises séparées, 2°>e éd., p. 138. — Pour un recensement plus détaillé, cf. C.\sp.\Ri, Quellen zur Gesch. des Tattfsymbols, t. III, p. 309-334. C.\sp.\ri énumère ibid., p. 356-362, les livres hérétiques composés à Rome. Cf. W. M. Ramsav, DB, Extra Vol., p. 376.

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l'Ëglise romaine consentait à écrire en leur faveur aux Eglises d'Asie et à recevoir les montanistes dans sa communion ! Un tel résultat méritait une action énergique, soutenue et persévérante. Si obscurs que soient, malheureusement, les détails de leur propagande à Rome, nous avons la certitude qu'elle s'y exerça de bonne heure.

En retrouve-t-on les premiers vestiges dans le Pasteur d'Hermas ? Au XVIII™^ siècle, CoteUer ^ considérait ce livre comme le propugnaculum fidei catholicae adiiersus Montani duritiam, « le boulevard de la foi catholique contre la rigueur de Montan ». Ce point de vue a été soutenu de nouveau, en ces dernières années, par Arthur Stahl, dans ses Patristische Untersiichungen '^. Pour Stahl, le Pasteur est une « hochkirchliche Parallelerscheinung zum Montanismus » (p. 357), un essai de réforme adoucie et raisonnable tenté en vue de dépouiller la secte du privilège d'être seule à prêcher la rénovation morale. Au contraire, Dorner ^ apercevait dans le Pasteur des tendances toutes pareilles à celles du Montanisme, et A. Ritschl*, adhérant à cette opinion, en louait Dorner comme d'une découverte.

En réalité, toute cette question est dominée par une autre, celle de la date de composition du Pasteur. Si l'on adopte les conclusions des critiques des XVI"^^, XVII"^*",

^ Patr. apost. op., Amsterdam, 1724, I, p. jt^.

^ Patristische Untersttchungen, Leipzig, 1901, p. 246-267.

^ Die Lehre von der Persan Christi, 2^^ éd., Berlin, 1853, p. 185 et s.

* « Es ist Dorner' s Verdienst, zuerst den Montanismus im Hirten des Hermas durchgreifend erkannt zu haben. » Entstehung^, p. 555, n. i. — Cf. A. RÉVILLE, Nouv. Revue de Théol., 1858, I, p. 84 : « L'esprit du Montanisme respire déjà tout entier dans cette Apocalypse. »

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XVIII'"® siècles ^, qui, presque tous, considéraient Hermas comme un écrivain « apostolique )), ou encore celles de E. Gaâb 2 et de Th. Zahn ^ qui localisent le Pasteur entre 97 et 100, tout rapport est évidemment coupé entre Hermas et le Montanisme. Mais, lors même qu'on accueillerait avec Funk, Harnack, Batiffol, Bardenhewer *, le témoignage du fragment de Muratori, lequel en place la rédaction sous le pape Plus (140-154) ^, comment mettre le Pasteur en relation avec un mouvement dont les origines orientales sont de plusieurs années postérieures à cette date ? Le Montanisme existait-il donc à Rome avant même d'avoir commencé sa prédication en Phrygie ? Toute tentative pour en établir l'influence sur l'esprit d'Hermas ne peut avoir pour point de départ qu'une chronologie paradoxale. Et Stahl^ ne réussit du reste à donner à sa thèse quelque air de vraisemblance qu'en retardant arbitrairement, jusqu'à 165-170, l'apparition de l'ouvrage.

^ Voy. l'exposé très complet de Funk, Patres apostolici, 2'"^^ éd., t. I, p. cxxvi et s.

2 Der Hirte des Hermas, Bâle, 1866.

^ Der Hirt des Hermas, Gotha, 1868. — Zahn et G.\àb se fondent sur Vis., II, IV, 3 (Funk, I ^, 430) où l'Église, sous les traits d'une femme âgée, prescrit à Hermas de consigner en deux pi['iAap;5ia les révélations qu'elle lui aura faites, et d'envoyer l'un à « Clément », l'autre à « Grapte ». Il s'agit .sans doute de Clément de Rome, dont Hermas se donne comme le contemporain.

^ Funk, loc. cit.; Harnack, Chronol., I, 258 et s. (il opine pour 140) ; Battifol, Litt. grecque {1897), p. 62, \ Bardenhewer, Patrologie ', p. 109.

* Ed. Rauschen, Floril. patristicum, Bonnae MCMC, p. 34, 1. 73-80.

« Pastorem uero | nuperrime temporibus nostris in urbe ] Roma Hermas conscripsit sedente cathe|dra urbis Romae ecclesiae Pio epi.scopo fratre | eius ; et ideo legi eum quidem oportet, se pujblicare uero in ecclcsia populo neque inter | prophetas completo numéro, neque inter | apostolos in finem temporum potest. | » — « Quant au Pasteur, c'est tout récemment, de notre temps, qu'à Rome Hermas l'a écrit, alors que siégeait sur la chaire de l'Église de Rome l'évêque Pius, son frère. C'est pourquoi il faut qu'on le lise, à la vérité, mais il ne peut être lu publiquement au peuple dans l'Église, ni parmi les prophètes, complets en nombre, ni parmi les apôtres, à la fin des temps. »

^ Op. cit., p. 295.

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Je ne puis donc admettre que le Pasteur vise aucunement le Montanisme, soit pour en combattre les doctrines, soit pour les corroborer. Mais à défaut de toute connexion directe, dû moins nous renseigne-t-il sur l'état d'esprit de la communauté romaine vers le milieu du second siècle. Il fournit des indications dont on doit tirer parti pour se représenter l'accueil que rencontra quelques années plus tard, à Rome même, la prophétie nouvelle, les sympathies et les hostilités qu'elle suscita.

Certes, les idées d'Hermas ne sont pas toujours parfai- \ tement cohérentes ni parfaitement limpides. Le « genre )> apocalyptique, auquel le Pasteur se rattache, comportait ou même requérait une imprécision dont les historiens, avides de données exactes, s'évertuent à percer le nuage. Le style imagé, languissant et mou du bon Hermas se prête moins qu'aucun autre à une analyse critique 1. Pourtant les tendances qu'il blâme et celles qu'il approuve, comme aussi les articles fondamentaux du programme pénitentiel qu'il se croit, par mission divine, chargé de promulguer, se dégagent à peu près de l'accumulation des symboles.

Or, ce qu'il reproche à ses contemporains, sous le couvert des « visions » qu'il raconte, des « ordres » ou des « paraboles » qu'il interprète, c'est de laisser dégrader le lot religieux privilégié qu'ils ont reçu en héritage. Le Pasteur est comme ^ l'examen de conscience de la communauté romaine. Beaucoup de chrétiens n'ont plus, au gré d'Hermas, qu'une âme déjà vieillie, fatiguée de mollesse et de scepticisme -. Ils se laissent énerver par le souci des intérêts purement temporels ^, au point de devenir, par une progressive déchéance.

^ Sur l'incohérence des images et symboles chez Hermas, voir l'analyse de E. Grosse-Brauckmann, de Compositionc pastoris Hcrmae, diss. Gôttingen, 1910, p. 60 et s. ; Baumeister, die Ethik des Pastor Hermae, Fr. i. B., 1912, p. 6.

2 Vis., III, II, 2 (FuNK, I 2, p. 456).

3 Ibid., 3.

tout pareils aux païens eux-mêmes ^, et captifs comme eux de leur sensualité de leur cupidité, de leur orgueil 2. Viennent les jours d'épreuves, le culte de l'argent les induit à l'apostasie ^. Hermas n'hésite pas à appesantir ses avertissements sur les chefs même de l'Eglise : « C'est à vous que je m'adresse, à vous qui êtes à la tête de l'Ëglise et qui occupez les premières chaires. Gardez-vous de devenir semblables aux empoisonneurs. Les empoisonneurs portent leurs poisons dans des boîtes. Vous, votre poison, votre venin, c'est dans le cœur que vous l'avez. » * Malheur aux mauvais bergers, le jour où le Maître viendra examiner ses troupeaux ! ^ Qui pis est, il y a autour d'Hermas des hommes dont le christianisme purement nominal recouvre la pire corruption morale et qui vont jusqu'à se faire les théoriciens du péché, pour pervertir les serviteurs de Dieu^. En face de tant de faiblesses et de souillures, Hermas célèbre avec son inlassable monotonie l'idéal qui est le sien. Il voudrait instaurer une Eglise où régnerait une parfaite unanimité de foi, de pensée, d'amour', et dont les membres pratiqueraient, pour la plus grande joie du Fils de Dieu ^, les vertus « filles de la Foi » ^. Parmi ces vertus, celles dont Hermas recommande surtout la pratique, c'est la crainte de Dieu 1°,

^ Sim., VIII, IX, I et 3 (Funk, I ^, 572).

2 Mand., VI, 11, 5 (Funk, I 2, 488).

^ Vis., III, VI, 5 (Funk, I 2, 444).

* Vis.. III, IX, 7.

^ Sim., IX, XXXI, 4 (Funk, I ^, 631) : « Quando uenerit dominus ouium, gaudebit de uobis et exsultabit, sed tantum, si omnia sana inuenerit nec ullus e uobis interciderit. Vae uobis, pastores ! »

« Sim., IX, XIX, 2 (Funk, I ~, 614). — Cf. Sim., VIII, vi, 5 (Funk, I \ 568).

' Sim., IX, xvili, 4 (Funk, 1^, 612) : m Metï to to-jto-j; ir.oP'/.rfir,-jxi ETta'. r, £y.y.),r|(n'a toO ÔîoO £v cwixa, |J.ta çpôvridi;. e'tî vo'j;, (At'a —içTt;, (isa àvâirr, ».

8 Ibid.

9 Cf. Vis.. VIII, VIII. 4 et 7 (Funk, I 2, 448). " Cf. Mand.. I (Funk. I 2, 468).

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la chasteté 1, l'esprit de charité et de douceur 2. H cherche à inspirer à ses lecteurs un sentiment profond du sérieux de la vie humaine ^, mais en même temps il aime et leur suggère d'aimer la « gaieté » qui toujours « est agréable à Dieu » *.

Pour promouvoir les pécheurs vers la rénovation dont ils ont besoin, un remède existe, c'est la pénitence. On peut dire que l'objet essentiel du Pasteur est d'en démontrer l'urgente nécessité. Tout le livre clame le devoir de la pLeràvota. Si ce devoir s'impose d'une façon si pressante, c'est que le délai qui reste à courir avant la fin du monde est fort exigu. Hermas est persuadé que l'univers n'en a plus longtemps. Dès que la « tour » qui symbolise l'Église sera achevée, c'est-à-dire dès que l'Eglise aura accompli sa mission terrestre, et que viendra la parousie, il sera trop tard pour solliciter le pardon divin ^.

Dans quelles conditions ce pardon est-il susceptible d'être accordé aux pécheurs ? Ici la pensée d'Hermas devient particulièrement difficile à saisir. Le mieux est encore de lui laisser la parole. Voici la traduction aussi exacte que possible des deux principaux textes où s'exprime sa théorie de la pénitence.

Le premier texte se trouve dans Visio 11, 4-5 ^.

« Une fois que tu leur auras fait connaître (= à tes « enfants et à ta femme) les paroles que le Seigneur m'a « confiées pour te les révéler, tous les péchés qu'ils ont anté-

^ V. g. Mand., IV, i (Funk, I 2, 474) ; IV, iv, 3 (I 2, 480) ; VIII, m (I 2, 492) ; Sim., V, vu (I -, 542), etc. 2 Mand.. VIII, x (I 2, 494).

^ La lîixvÔTr,; (v. g. Mand., II, iv, etc.).

* Mand., X, m (Funk, I 2, 502) : « "Kvo-jTa-. o-V/ Tr,v 'ù.xç,6-.r-.3. tt,-/ Tt'ivTOTc ïyriMixu yjxpvi Tiapà tw 6cw, etc. »

* C'est ce qu'Hermas répète à plusieurs reprises. Voy. Vis., III, v, 5 (Funk, I 2, 442) ; Vis.. III, vin, 9 (I 2, 450) ; Vis., III, ix, 5 (I 2, 452) ; Sim., X, IV, 4 (I 2 638), etc.. Dans la Visio, IV, une bête d'apparence horrible figure la tribulation qui approche (Funk, I 2, 462 h ... tô Oript'ov TOÛTo fjTto; èiTi'v Oy.t'J/Ew; -zrfi [A£),),o'JTri; tt,; [AeyàXr,;).

« Vis., II, II, 4-5 (Funk, I 2, 426).

« rieurement commis leur seront remis, ainsi qu'à tous les « saints qui ont péché jusqu'à ce jour, s'ils font pénitence « de tout leur cœur et qu'ils ôtent de leur cœur les doutes. « Car le Seigneur a fait serment sur sa gloire devant ses élus : (( si, une fois ce jour clos, un péché est encore commis, ils « n'auront point de salut, car la pénitence a une fin pour « les justes, les jours de pénitence sont accomplis pour tous « les saints. Pour les Gentils, la pénitence existe jusqu'au « dernier jour. »

Le second texte appartient au Mandatuni \\, 3 : 1.

« J'ai entendu, (dit Hermas à son interlocuteur céleste) « certains didascales (déclarer) qu'il n'y a pas d'autre péni- « tence que celle où nous descendons dans l'eau et recevons « la rémission de nos péchés antérieurs. — Il me répondit : « Tu as bien entendu : car il en est ainsi. Celui qui a reçu « la rémission de ses péchés ne doit plus pécher, mais dece meurer pur. Mais puisque tu veux des précisions sur toutes « choses, je vais t'en fournir, sans donner de prétexte (pour « pécher) à ceux qui doivent croire ou qui croient en ce « temps-ci au Seigneur : car ceux qui, en ce temps-ci, croient « ou doivent croire, n'ont pas de pénitence de leurs fautes « (à venir), mais ils ont la rémission de leurs fautes précé- « dentés. Mais pour ceux qui ont été appelés à la foi avant « ces jours-ci, le Seigneur a établi une pénitence. C'est que « le Seigneur connaît les cœurs, il prévoit tout, il sait la fai- « blesse humaine et la fourberie du démon, et que celui-ci « fera du mal aux serviteurs de Dieu et se conduira mécham- « ment à leur égard. Comme le Seigneur est plein de misé- « ricorde, il a eu pitié de sa créature, et il a établi cette « pénitence et il m'a donné permission (d'annoncer) cette « pénitence. Mais moi, je te le dis, ajouta (l'ange), après « ce grand et solennel appel, si quelqu'un, tenté par le démon.

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