‹ La crise montanisteChapitre 24 sur 60 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Comment Tertullien fut-il amené à r « agnitio Paracleti »

Tertullien est devenu, pour l'antiquité chrétienne, un exemple fameux des chutes lamentables auxquelles de rares intelligences sont exposées. Si un pareil homme avait donné dans les chimères du Montanisme, qui pouvait oser se sentir sûr de soi ? On eut à son égard des mots de pitié grave, non exempte d'amertume. Et l'on profita de sa mauvaise réputation pour le copier abondamment — sans le nommer !

Cependant, à travers les blâmes et les mines scandalisées l'admiration perce. Et c'est surtout à la science de Tertullien qu'elle s'adresse. Son style est parfois jugé obscur et insuffisamment poli. Mais quelle érudition prodigieuse ! Saint Jérôme, dont nul ne récusera la compétence, s'écrie dans une de ses lettres ^ : « Quid Tertulliano eruditius, quid acutius ? Apologeticus eius et contra Gentes lihri cunctam saeculi continent disciplinam. » Vincent de Lérins renchérit encore, dans son fameux Commonitorium ^, sur ces paroles flatteuses. Pour lui, Tertullien fut chez les Latins ce qu'Origène fut chez les Grecs : « Quid enim hoc uiro doctius, quid in diuinis

^ Ep. LXX, 5.

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