XI-.XIII
visions pieusement sollicitées ^, et préparées à grand renfort de jeûnes, que les dévots d'Asclépios cherchaient à obtenir du dieu les guérisons souhaitées. La conception du bienfait religieux que ces messages divins passaient pour susceptibles de procurer est familière aux rédacteurs de l'Ancien Testament ^. Elle l'est également à toute l'antiquité chrétienne. Saint Irénée compte les ôuTaiia-. au nombre des charismes dont s'honore l'Eglise de son temps 3. Deux siècles plus tard, saint Augustin énumère les visions parmi les moyens qu'emploie l'Esprit pour éclairer l'hfjmme *. Innombrables sont les exemples de semblables illuminations, dans les documents chrétiens des premiers siècles ^. Le plus curieux, c'est que l'on voit des esprits éminents, un Denys d'Alexandrie ^, un Cyprien '^, un Ambroise ^ concilier le réalisme politique le mieux averti avec la foi mystique aux songes qui les venaient visiter et où ils puisaient maints secours pour leurs décisions quotidiennes. Il est donc superflu d'insister.
^ Deubner, De incub. capita qiiattuor, p. 15 et surtout Otto Weinreich, Antike Heilungswunder, Giessen, 1909, p. 76-136 (dans les Religionsgesch : Vers, und Vorarb., VIII, i).
2 Nombreux exemples dans Nie. Gurtler, Systema theologtae propheticae, p. 13 et s. et dans Leitner, die prophet. Inspiration, Fr. i. B., 1896, p. 25 et s.