‹ La criseChapitre 13 sur 28 · DESSOLES, JULIETTE, DE MARSAN · texte numérisé non relu

DESSOLES, JULIETTE, DE MARSAN

JULIETTE. Elle court offrir la main à son mari qui escalade la barrière, et lui dit en riant.

M'en voulez-vous ? Dites-le, et je repars.

DE MARSAN

Vous en vouloir? Je suis ravi! Bonjour, cher docteur! (ils

■e serrent la main.)

JULIETTE, descendant à gauche.

Ravi!... Vous n'êtes jamais comme un autre... Pourquoi êtes-vousravi?

DE MARSAN, gaiement *.

Je suis ravi d'abord que vous ayez trouvé une distraction de votre goût, et ensuite que ma femme ait assez de séduction pour enlever en un clin d'oeil le médecin le plus disputé de Paris.

JULIETTE

A vrai dire, je ne sais plus trop lequel de nous deux a enlevé l'autre... Qu'en pensez-vous, monsieur Pierre ?

DESSOLES

C'est assurément vous, madame, qui m'avez enlevé ; car moi je ne vous aurais pas amenée chez monsieur.

JULIETTE, le regardant fixement.

Vous, — vous êtes un homme à qui je ne me fierais pas, — si j'étais M. de Marsan.

DE MARSAN

En tout cas, c'est un savant médecin : car vous avez les plus riches couleurs de santé qu'on puisse voir.

JULIETTE

Oui, moyennant que je me suis endormie tout à l'heure en causant avec ce savant personnage... Ah çà! je m'en vais devant... car je vois Justine là-bas... Au revoir, messieurs ! (Elle sort par la gauche, survie de Justine, qui Tient d'arriver par le fond, à droite, et porte les cartons à toilette.)

Page 1