Les engrais font défaut
Les engrais chimiques, dit le rapport officiel de l'Exposition de Paris ne sont guère employés que dans la région de la Baltique et dans quelques gouvernements limitrophes.
Dans la région de la terre noire, on n'avait recours à aucun engrais, jusqu'en ces derniers temps, par ignorance complète. Il en est résulté un épuisement continu de ces fameuses terres. Lochtin (1> pose en fait que leur productivité aurait baissé de 27 % depuis 1870.
Cependant, les grands propriétaires ayant employé avec succès les engrais naturels dans les
23 gouvernements de la terre noire. Ces terres sont louées de façon à rapporter de 5 à 6 % et si l'on tient compte des années de jachère, cet intérêt représente au moins le double. Schultze Gavernitz ( Volkswirtschajliche Studien aus Rusland; (Leipzig 1899), citait le cas de terres situées dans la région du Volga-moyen, louées certaines années 7 roubles et ne valant cependant que 60 roubles. Par contre, le sol en dehors de la région de la terre noire, rapporte beaucoup moins, en égard à sa valeur vénale ! (1) Loc. cit.
terres noires, les paysans devraient être tentés d'en faire autant. Mais ils ne le peuvent, parce que la misère ne leur permet pas d'élever un bétail nombreux, et cette situation empire au lieu d'améliorer. Lochtin montre que la Russie n'élèveque 170 chevaux, 24 4 bêtes bovines, 38.1 bêtes ovines et 9.1 bêtes porcines par 1,000 déciatines- (1,092 hectares) occupés, alors que ces mêmes chiffres devraient; d'après les moyennes observéesen Europe centrale, être respectivement de 25 chevaux, 114.6 bêtes bovines, 144.1 bêtes ovines et 49.3 bêtes porcines. C'est la misère aussi qui empêche le petit cultivateur de faire l'avance des frais d'achat d'engrais chimiques,