G. Pérouse, Le car d. Louis Aleman, p
2. Gregorovius, VII. 30 ; E. Denis, Huss et la guerre des Hussites (Paris, 1878, in-8°), p. 387, etc.
3. Grégoire XII regretta de n'avoir pas profité de cette circonstance pour triompher de son rival Benoît XIII, qui lui proposait un arbitrage : Gabriel Condolmario et Antoine Correr, qu'il eût pris comme arbitres, étaient si endurcis au jeûne qu'ils eussent, pensait-il, réduit, par la faim, les deux autres arbitres à joindre leurs suffrages aux leurs (La Fr. et le Gr. Sch. d'Occid., III, 577).
4. Le frère mineur Louis del Strasoldo, ou de Frioul, rappelant un séjour de plusieurs mois qu'il avait fait, en 1424, auprès de Gabriel Condolmario dans la Marche, ajoute avec admiration : « Quid quod, intermissis civilibus negotiis, a me non erubuit grecas litteras discere!» (Bibl. Vat., ms. lat. Vat. 4143, fol. 23 v°.) D'autre part, on lit dansleDe Voluptate de L. Valla [Opéra, éd. de Bàle, 1543, infol., p. 988) : « Rinukius et Antonius Harena, quorum alterum cum audis, nescias melioremne grsecum dicas anlatinum; qui prœter caeteros hoc habet quod glo-
AVÈNEMENT d'eUGÈNE IV 97
Très généreux et bienfaisant, il avait donné la mesure de son désintéressement le jour où il partagea entre son couvent et les pauvres la totalité de son patrimoine l. A Saint-Paul-horsles-Murs, dont il était abbé commendataire, il avait réparé les bâtiments du monastère et introduit des moines de la stricte Observance. Bref, sans prendre à la lettre les éloges ampoulés que lui décerna le frère mineur Louis del Strasoldo, quelques semaines après son avènement ~, l'élection de ce pontife irréprochable et édifiant semblait à tous de bon augure pour l'avenir de la réforme, dont il se disait, d'ailleurs, partisan résolu 3.
On remarquait seulementqu'il était entêté. — Tous les Vénitiens le sont, ajoute l'annaliste milanais Andréa Billi. — Une fois la direction choisie, il la suivait avec une inébranlable confiance.
rietur quod hune nostrum Eugenium,... ut in omnibus virtutibus singularem ac divinum, ita in omni génère doctrinœ eminentissimum, graecis litteris illustravit. »
1. Aux nombreux contemporains qui ont rapporté ce trait, on peut joindre Louis del Strasoldo : « Parcntibus jam defunctis, partem substantie fratribus, partem pauperibus largitus est, nihil sibi omnino reservans. ■ (Ms. cit., fol. 24 v°.)
2. Dialoffus de papalipotestate, terminé par cet auteur le 29 mars 1431. Le ms. de la Vaticane est l'exemplaire même qui fut offert à Eugène IV. Six ans auparavant, Louis del Strasoldo, s'étant embarqué à Venise sur un vaisseau marchand en partance pour Constantinople, avait relâché à Ancône, où Gabriel l'accueillit si bien qu'il demeura près de lui plusieurs mois. Condolmario, alors gouverneur de la Marche, était un père pour ses administrés : « Tantam in omnibus rébus constantiam et gravitatem adhibebat ut nihil amori, nihil affectibus tribueret. . . Preterea se ipsum adeo continentem abstinentemque per omnes vite partes prestabat ut non modo contra pecuniam, contra voluptatem, contra omnis generis cupiditatem armatum invictumque reddiderit, sed universos ministros suos castos integi'osque servaverit. Perspecta est ejus etiam in gubernandis civitatibus scientia, in audiendo henignitas, in exquirendo acumen, injudicando equitasetprudentia, in consulendo fides, amor, intelligentia, in gerendo constantia, in omni affeetione liber animus. in familiaritatibus suavitas et condita lepore colloquia. . . Tanti ac talis viri conversatio dicenda est ut Homerus quoque, si adesset, vel invideret materie, vel succumberet! » L'auteur ne manque pas de dépeindre sa joie et celle de son couventà la nouvelle de l'élection d'Eugène : il était impossible de trouver un homme plus digne de la tiare non seulement parmi les évêques, mais parmi les moines mômes : « Sciât Chorintus, sciant Athene non sapientiorem in Achaia jam Platoncm, nec Socratem in carcere fortiorem! Felicem quidem Greciam que meruit audire Apostolum predicantem! Sed nequaquam a Christo Romani derelictam, cui presulem habere donavit Eugenium ! »
3. L'affirmation contenue dans sa bulle du 26 juin 1432 est confirmée par le témoignage de deux cardinaux (Monum. Concil., II, 217, 330).
Le Pape et le Concile. 1
Cet opiniâtre avait pourtant la faiblesse de céder à beaucoup de prières et de subir aveuglément certaines influences. Il manquait de mesure et de pondération. Quelque chose de désordonné apparaît dans son caractère, comme dans les heures de ses repas: on ne savait jamais d'avance à quel moment il mangerait; il fallait lui tenir constamment quelque aliment tout prêt '.
Au point de vue spécial, qui nous intéresse, des rapports du saint-siège et du concile, Gabriel Condolmario avait manifesté des dispositions favorables. Il avait pressé la convocation du concile à Pavie, puis à Sienne 2, et, lors de la dissolution de 1424, ne s'était point gêné pour critiquer hautement la politique de Martin V 3. Auprès du même pape, il avait insisté en faveur de la réunion du concile de Bâle 4, et, tout récemment, venait de contribuer à faire désigner Jean de Raguse comme auxiliaire du légat ° : le choix de ce frère prêcheur si ardemment dévoué à la cause conciliaire semblait marquer chez Eugène IV (c'est le nom que prit le nouveau pontife) le désir sincère de faire aboutir le synode réformateur.
Cependant, pour réagir contre la nouvelle doctrine delà supré-
1 . Vespasiano daBesticci(A. Mai, Spicil. Rom., I, 5, 18-20' ; C.Zantfliet {Ampliss. coll., V, 424); Ambr. Traversari, lettre (ibid.,111, 513, 600) et Hodœporicon (Florence et Lucques, 1680, in-4°, p. 11); Muratori, III, n, 868, 891 ; Rinaldi, IX, 499 ; L. Duchesne, Liber ponlificalis, II, 556, 557; S. Antonin, Hislor., tit. XXII, cap. 10, circa init. ; ..Eneas Sylvius, Europa., cap. lviii (éd. Paris, 1534, in-8°, p. 454; L. Pastor, I, 282.
2. C'est ce que rappela Pierre dal Monte, à Bourges, en 1444: » Papiensem deinde [synodum] et Senensem celebrari multis precibus persuasit. » (Bibl. Vat., ms. lat. Vat. 2694, fol. 279 r°.)