NOUVEAU CONCILE CONVOQUÉ A BOLOGNE
Sorte de synode complémentaire, il ne comptait pas dans la série des conciles périodiques dont la célébration était obligatoire depuis Constance. Mais, pour respecter les termes du décret Frequens, dix ans après la fin du concile de Bâle, un autre concile s'ouvrirait ; Eugène se hâtait d'en déterminer le lieu, en ne consultant à ce sujet les pères que pour la forme ; il désignait Une ville située hors d'Italie, une ville voisine de la France, Avignon, s'imaginant que cette concession à longue. échéance serait une compensation suffisante au déboire qu'allaient éprouver les Français .
Tel fut l'objet de deux grandes bulles datées du 12 novembre 1431. L'une, destinée peut-être à être montrée la première, se bornait à donner au légat le « pouvoir » de dissoudre le concile, au cas où il en subsisterait encore quelque vestige, et celui de convoquer le clergé à Bologne; elle avait l'air de s'en rapporter au légat et aux pères du soin de déterminer le lieu de réunion du concile suivant *. La seconde, au contraire, prononçait d'autorité, la dissolution du synode actuel, et enjoignait à tous prélats, sous peine d'excommunication, de se rendre à Bologne dans les dix-huit mois, à Avignon dans les dix ans 2.
Pour prendre ces graves mesures, le pape s'abritait derrière l'assentiment de dix de ses cardinaux dont les souscriptions autographes, en effet, se lisaient au bas des deux bulles du 12 novembre. Ce qu'on a pu déjà conjecturer des sentiments méfiants du sacré collège à l'égard du concile explique suffisamment une telle approbation 3. En outre, l'on a dit que, voyant Eugène malade, les cardinaux voulaient éviter qu'en cas de mort du pape les gens de Bâle entreprissent de lui élire un successeur 4. Giordano Orsini l'atteste : plusieurs des cardinaux qui, dans la suite, désavouèrent cette dissolution l'avaient eux-