Jean de Ségovie (Monum. Concil., II, 75, 380; III
On voit ce qu'il faut penser, dans cette circonstance, de l'unanimité du sacré collège 1 .
Au surplus^ l'opposition toute canonique de Cervantes était un symptôme alarmant. Elle ne se fût pas produite sans doute sous Martin V. On se rappelle le peu de cas que le feu pape avait fait d'une protestation analogue 2, et à combien de reprises il avait a ('firme son droit de dissoudre ou de transférer les conciles généraux.
Eugène IV, à cet égard, ne pensait pas autrement que son prédécesseur. C'était Martin V qui, par sa bulle du 1er février, avait investi le légat du droit de dissoudre le concile de Bâle : Eugène IV, par sa bulle du 12 novembre, ne faisait qu'induire Cesarini à user de cette faculté.
Pour lui, comme pour Martin V, il n'y avait rien là d'incompatible avec l'application du décret Frequens. Sept ans après le concile de Sienne, on avait tenu le concile de Bâle. Dix ans après le concile de Bâle, on tiendrait celui d'Avignon. Et pour écarter l'objection que ces assemblées étaient des leurres, puisque le saint-siège les dispersait avant qu'elles eussent rien pu faire, on annonçait l'ouverture imminente à Bologne d'un concile complémentaire et la ferme intention d'y réparer le temps perdu.
Qu'on déplore donc, si l'on veut, les conséquences fatales de la décision du 12 novembre ; mais qu'on cesse de la considérer comme le coup de tête irraisonné d'un pape à courte vue, dominé par la peur des discussions et des réformes.
Il n'est même pas besoin de supposer chez Eugène, à cette date de novembre, des sentiments hostiles à l'égard d'un synode où pas une parole n'avait été encore prononcée, pas une motion mise en avant (il le croyait du moins) qui pût lui porter ombrage 3.
1. Le concile de Bâle, plus tard, loua la fermeté manifestée dans cette circonstance, non seulement par Cesarini, Capranica, Branda de Castiglione et Aleman, mais aussi par Rochetaillée et par Carrer (Monum. Concil., III, 313).