‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 141 sur 396 · J. Haller, 166\ cil. ; cf. Jean de Ségovie, p · texte numérisé non relu

J. Haller, 166\ cil. ; cf. Jean de Ségovie, p

clercs et à des laïques frappés d'excommunication, naguère encore déférés à la vindicte séculière, lui fit l'effet d'un attentat contre l'autorité du saint-siège et d'un manque de respect à l'égard des précédents conciles.

Appréhendant un nouveau danger pour la foi, il n'en fut que plus impatient de disperser un conciliabule qui se permettait de telles incartades. Avant peut-être d'avoir reçu la dernière ambassade dont il a été question plus haut, et qui, d'ailleurs, par la nature alarmante de certaines de ses communications, l'eût sans doute confirmé dans le dessein d'en finir ', il fît un nouveau pas, cette fois décisif, dans la voie périlleuse où il s'était engagé 9.

Je ne parle pas de lettres du 22 novembre convoquant le clergé au concile de Bologne 3 : elles ne furent certainement pas envoyées à cette date. Il s'agit d'un acte solennel, dont le retentissement fut immense. Les bulles du 12 novembre étaient en route pour Bâle, connues peut-être seulement des cardinaux et de quelques clercs. Celles, au contraire, qui portent la date du 18 décembre furent, ce jour même, publiées à Rome, en consistoire, devant toute la cour pontificale, et le pape s'empressa d'en envoyer copie aux quatre coins de la chrétienté 4.

1. Dans les instructions données à Jacques de Sirk et à Thomas Fiene, les pères ne cherchaient point à dissimuler ce que la situation avait de menaçant : ils dépeignaient les victoires, les progrès des Hussites, la tendance de beaucoup de seigneurs et de villes à leur donner la main : « S'il en est ainsi, disaient-ils, c'en est fait de l'Allemagne ! » Ils parlaient aussi de la malveillance des laïques à l'égard des clercs, justifiée peut-être par la vie peu cléricale que menaient ces derniers, et annonçaient comme imminente une grande persécution du clergé, surtout en Allemagne.

2. Il n'est pas vrai, comme on- l'a supposé (G. Pérouse,p. 106), que le pape sût alors que sa bulle du 12 novembre n'avait pu être publiée à Bâle par suite de la « fermeté de Cesarini ».

3. Du Boulay (V, 410) a publié une de ces lettres, adressée à l'Université de Paris : les maîtres sont invités à se rendre à Bologne, à la date fixée, munis de bonnes instructions relatives à la paix, à la réforme, à la foi, et préparés à soutenir la discussion contre les Grecs.

4. Jean de Ségovie, p. 67. — On a signalé de nombreux exemplaires manuscrits de l'expédition adressée à Sigismond (Denlsche Reichstagsakten, X, 211) ; le roi des Romains y répondit, de Plaisance, le 9 janvier 1432 [ibid., p. 215). Aux

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