‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 144 sur 396 · PUBLICATION DE LA BULLE DE DISSOLUTION · texte numérisé non relu

PUBLICATION DE LA BULLE DE DISSOLUTION

nir ni que Ceparelli lui exhibât les originaux, ni qu'il lui donnât aucune assurance positive, ni qu'il se chargeât d'aller prier Daniel de surseoir pendant deux mois, s'il était vrai que l'évêque de Parenzo eût mission de publier la dissolution du concile l. Enfin, le 13 janvier, au cours d'une réunion tenue dans le couvent des frères Prêcheurs, Ceparelli, à l'improviste, déplia une grande bulle originale, dont il commença la lecture : c'était la bulle de dissolution.

Les pères, dès les premiers mots, se doutèrent de la chose. Résolus à ne pas en entendre plus long, les uns s'enfuirent, les autres restèrent, mais en faisant du bruit ; l'un des universitaires parisiens courut fermer la porte du cloître. Finalement, la bulle fut ramassée à terre 2 : on se demanda si Jean de Prato l'avait laissée tomber par mégarde, ou s'il l'avait jetée à dessein, afin de la porter de cette manière à la connaissance des assistants.

Furieux, quelques-uns demandaient qu'on le menât en prison; l'évêque de Genève le prit sous sa garde. Quelques jours plus tard, Ceparelli, ayant promis d'intercéder en faveur du concile, s'éloigna de Bâle paisiblement, ce pendant qu'à Strasbourg l'évêque de Parenzo publiait, de son côté, la bulle de dissolution 3.

A près de huit ans d'intervalle, c'était la répétition de ce qui s'était passé à Sienne le 7 mars 1424 : mais combien le coup nous semble plus téméraire, moins habilement préparé ! Eugène IV avait pris cette résolution au loin, à l'aveugle, sans se douter des résistances qu'elle allait soulever, sans rien faire pour les affaiblir ou pour en triompher, sans même recourir à ce semblant de consultation qui avait ménagé, dans une certaine mesure, la susceptibilité des pères de Sienne. Il parlait en maître omnipotent, sûr du concile et de lui-même.

Page 1