‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 148 sur 396 · PREMIÈRES ÉPITRES DE CESARINI · texte numérisé non relu

PREMIÈRES ÉPITRES DE CESARINI

dédaigneux avec lequel Cesarini répondait à ses considérations sur l'union de l'Église grecque : « Vieux refrain, qui dure depuis « plus de trois cents ans, et qui, chaque année, recommence i ! » Convenait-il, observait le légat, de sacrifier l'Allemagne à un espoir aussi fallacieux? Non, sans doute. Le moment néanmoins approchait où le concile lui-même ne devait plus regarder cet espoir comme chimérique, ni cette affaire comme de peu d'urgence.

Le légat était mieux inspiré quand il cherchait à dissiper les préventions qu'Eugène pouvait avoir contre le concile. Qu'avait à redouter un pape de vie irréprochable ? Quelque attaque contre le pouvoir temporel ? C'était peu probable, de la part d'une assemblée composée presque uniquement d'ecclésiastiques. Quelque empiétement sur l'autorité du saint-siège ? Le Saint- Esprit ne permettrait pas qu'un synode réuni en son nom s'écartât des canons et de la doctrine des Pères. D'ailleurs, les gens de Bâle étaient prêts à promettre qu'ils ne s'occuperaient de rien de ce qui touchait au pape ou à la cour de Rome, et Cesarini leur avait imposé un serment contenant l'engagement de travailler dans le concile pour l'honneur de Dieu, d'Eugène, du saint-siège et de l'Eglise romaine, serment auquel il se proposait également d'assujettir les nouveaux arrivants 2.

Au surplus, si le pape éprouvait quelque crainte, il n'avait qu'à envoyer à Bâle des cardinaux, des prélats dévoués au saintsiège, qui s'empareraient sans peine de la direction de l'assemblée. Témoigner au concile toute la faveur possible, lui écrire sur un ton bienveillant, faire droit à ses justes requêtes, lui fournir notamment les subsides réclamés en vue de la croisade, parachever, s'il était nécessaire, la réforme de la curie, qu'Eugène, on en convenait, avait heureusement commencée: tel était, suivant Cesarini, le moyen de parer à tous les dangers.

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