‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 171 sur 396 · J. Haller, II · texte numérisé non relu

J. Haller, II

4. Ms. lat. 1575, fol. 114 r° ; ras. lat. 1496 fol. 114 r° ; ms. 1684 de la Mazarine, fol. 127 r° ; ms. 1982 de Douai, fol. 28 r° ; ms. 579 de Dijon, fol. 12 r°; Monum. Concil., II, 203.

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pour les défendre : profitant des progrès de sa convalescence, le pape, qui déjà avait pu faire à pied la visite de quelques basiliques, devait s'arracher au séjour de Rome et, à cheval, au besoin en voiture, s'acheminer vers Baie. A tout le moins il devait y envoyer la plupart des cardinaux, la plus grande partie de sa cour, et ordonner à tous les prélats d'y comparaître, au lieu de retenir ceux qui, d'eux-mêmes, avaient la bonne volonté de s'y rendre. Mais, cette fois, Cesarini ne se bornait pas à faire valoir en faveur du concile des raisons d'opportunité, telles que le besoin de contenter l'opinion générale, manifestée encore à Bourges, ou le danger de compromettre les tentatives d'union, par exemple, ces conférences avec les Tchèques dont les conditions venaient d'être réglées par la convention d'Eger. Il osait aborder, pour la première fois, et il tranchait exactement de la même façon que les pères, la question doctrinale qui faisait le fond du débat.

Ganonicité de tous les décrets de Constance : personne, disaitil, n'en a paru douter. Il jugeait cette question connexe avec celle de la légitimité de Martin V, d'où dépendait la légitimité d Eugène IV, et en concluait que nul n'avait plus d'intérêt que le pape actuel à défendre l'autorité des décrets en question. Or, parmi eux se trouvait le décret Frequens, qui refusait au pape le droit de retarder le concile, par suite, implicitement et a fortiori, le droit de le dissoudre : si, en effet, il eût été permis au pape de disperser un synode à peine commencé, que fût devenue la règle de la périodicité des conciles ? Il y avait encore certains décrets de Constance proclamant la supériorité du concile sur le pape dans les questions de foi, d'union et de réforme: cela revenait à dire qu'Eugène ne pouvait dissoudre une assemblée qui, dès sa première session, avait inscrit dans son programme l'extirpation des hérésies et la réforme de l'Eglise. Ce raisonnement, qui était celui du cardinal Cervantes, celui des auteurs de l'appel interjeté vers le 20 janvier, celui du concile lui-même dans son

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décret du 15 février l, avait fini par s'imposer à l'esprit du légat. Il se croyait le devoir, pénible assurément, de faire partager sa conviction au souverain pontife. Pour le guérir, il lui offrait, disait-il, une médecine amère, mais ses intentions étaient telles que, si Eugène en avait connaissance, il le chérirait comme un fils et peut-être ne résisterait pas au désir de le serrer dans ses bras.

Par ce même courrier, Gesarini s'efforçait également de convertir à ses vues le vieux cardinal Giordano Orsini 2.

L'épître dont on vient de lire l'analyse sommaire contenait aussi la réfutation de certaine théorie émise dans des instructions qu'Eugène ne destinait sans doute pas à être placées sous les yeux du concile. C'était une série d'arguments en faveur de la dissolution que devait développer un nonce envoyé vers le roi d'Angleterre 3. Arguments bons et mauvais. Que n'alléguait-on pas? L'inconvenance de l'invitation adressée aux Hussites a l'insu du souverain pontife ; la faveur inquiétante témoignée à ces hérétiques ; la pression exercée par certains princes (lisez : Charles VII) dont la cour de Rome avait repoussé les injustes demandes 4, et qui, de dépit, contraignaient les prélats à s'acheminer vers Bâle ; la difficulté d'ordonner d'une ville d'Allemagne la levée d'un subside général sur toute la chrétienté ; l'impuissance des dix ou douze prélats composant le synode à réaliser la réforme du clergé allemand ; le peu de liberté dont jouissaient à Bâle les rares Italiens qui avaient été forcés de s'y rendre (en d'autres termes, les prélats des états milanais) ; l'inutilité des

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