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LA GUERRE DANS LE COMTAT-VENAISSIN

ner comme recteur l'évêque de Valence '. Quant aux syndics et conseil d'Avignon, ils envoyèrent à Bâle de pathétiques remercîments pour cette « heureuse et glorieuse nomination » qui sauvait du désastre l'état pontifical 2.

Déjà cependant la guerre avait éclaté dans le Gomtat. L'occasion s'offrira bientôt de revenir sur ce triste sujet. C'était un feu couvant soùs la cendre que le décret du 20 juin allumait soudainement. La lutte des principes, le conflit spirituel du pape et du concile dégénéraient déjà, dans la vallée du Rhône, en brutalités sanglantes. Ce n'était pourtant que le commencement.

Eugène IV, en présence de cette résistance audacieuse, qui allait en se généralisant, avait perdu depuis longtemps son assu-

1. « Merito ab obediencia regiminis et maie adminislracionis dicti reverendi patris domini Marci, episcopi et rectoris predicti, nos subtrahimus, cura velud inimicos hucusque nos tractaverit. . . Idcirco ad reverendissimum in Ghristo patrem et dominum dominum Alpbonsum, S. Sedis apostolice dyaconum cardinalem, S. Eustacii vulgariter nuneupatum, tanquam condominum et, quantum jus aut constitutiones seu décréta nos astringunt, tanquam ad vicarium in temporalibus et spiritualibus per sacram Sinodum Basiliensem depputatum, recurrendo, supplicamus humillime, cuiti quanto honore et reverencia debemus, quatenus deffentionem, tuitionem et protectionem hujus Comitatus bénigne suscipere dignetur, nobis aliquem valentem dominum et prelatum in rectorem constituendo. » (Arch. de Vaucluse, G 49.) — Une autre rédaction du même mémoire, antérieure sans doute à l'acceptation de Carillo, a été publiée par M. J. Girard, p. 237-

2. 25 août [1432] : « O patres reverendissimi, quam felix et gloriosa fuit illa provisio et est, per quam hec civitas et patria Ecclesie dilectissima, solacitra Montes et unica, Ecclesie sancte Dei conservatur ! In verbo enim veritatis attestamur quod, si hec provisio saluberrima non facta aut dilatata plus debito extitisset. dominium Ecclesie in eadem, quod Deus avertat, pressura et versutia malorum hominum, ecclesiasticam pacem et sacrosancte Synodi robur turbare nitencium, corruisset. » (Bibl. de Grenoble, ms. 987, fol. 26 r°.) — Les syndics et le conseil d'Avignon informent le concile, dans cette lettre, que la députation de l'Université d'Avignon est en route pour Bâle. V. une lettre d'excuses adressée au concile par cette Université le 12 juillet précédent : elle priait les pères de patienter et expliquait son retard par l'absence de son chancelier, qui n'était autre que l'évèque Marc Gondolmario {ibid., fol. 5 r°).

rance des premiers mois de 1432. Regrettait-il dès lors ses bulles de dissolution ? Peut-être, s'il prêtait l'oreille aux avis alarmants que lui faisait parvenir la pieuse fondatrice des Oblates de Tor' de' Specchi, aujourd'hui révérée sous le nom de sainte Françoise Romaine l. Peut-être surtout, s'il se souvenait des protestations respectueuses que lui prodiguaient les pères en 1431, et s'il songeait que, pour parer à un danger hypothétique, il avait provoqué lui-même cette explosion de colère et tout cet étalage de doctrines menaçantes.

D'autre part, chaque nouveau pas fait par le concile dans la voie de la révolte rendait plus difficile au pape le retour en arrière ; de jour en jour les gens de Bàle s'appliquaient à mieux mériter cette épithète de factieux qu'Eugène leur appliquait jadis un peu à la légère : il devenait impossible de renouer avec eux, purement et simplement, les bonnes relations interrompues. Au moins Eugène IV tenta-t-il de trouver un terrain d'entente.

Dès le mois d'avril, en répondant à des messagers de Sigismond, il avait annoncé l'envoi de quelques prélats et docteurs qui décideraient sur place s'il était opportun de continuer le concile de Bâle, mais seulement, disait-il, pour la réforme des mœurs et l'extirpation des hérésies : car, au sujet de la pacification, il se réservait de prendre, comme il l'avait déjà fait, les mesures nécessaires ~.

Un peu plus tard (26 juin), il avait accepté en principe les conditions qu'était chargé de lui proposer, de la part du roi des Romains, Jacques Gelu, archevêque d'Embrun : permission aux gens de Bâle de traiter l'affaire hussite, pourvu que, s'il surgissait quelque grave difficulté, elle fût soumise au pape ou renvoyée au prochain concile ; permission aux mêmes de s'occuper de réforme, pourvu qu'aucune mesure ne fût prise sans l'as-

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