‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 194 sur 396 · CAPRANICA ÉCARTÉ DU CONCLAVE · texte numérisé non relu

CAPRANICA ÉCARTÉ DU CONCLAVE

démarche, à laquelle il se sentait incapable de résister, prit ses précautions : le 2 mars, dans le couvent de Saint-Laurent-hors-les- Murs, il renouvela secrètement son appel de la nuit précédente, et annula d'avance toute rétractation qu'il pourrait consentir où ne serait pas inséré le texte du Miserere l. L'émissaire du sacré collège pouvait venir. Accommodant en apparence, Capranica se prêta à tout ce qu'on exigeait de lui : il se rendrait de bonne grâce à Pérouse et à Assise ; il révoquait toutes les protestations qu'il avait pu faire, et déclarait valable, pour cette fois, l'élection qui allait se célébrer sans lui. Mais cette rétractation ne contenait pas, naturellement, le texte du Miserere : suffisante pour calmer l'inquiétude de ses collègues, elle était nulle à ses yeux 2.

Cependant, à la Minerve, deux cardinaux (Carillo et Gorrer) protestaient contre l'exclusion de Capranica ; deux autres (Cervantes et Casini) acceptaient d'être témoins de cet acte de protestation 3, et un cinquième y adhérait tout bas. L'élection eut lieu, et, précisément, Condolmario, qui allait devenir Eugène IV, n'eut pas, pour commencer, les voix de tous les protestataires : quatre d'entre eux votèrent pour Albergati, avant de faire accession au cardinal de Sienne 4.

On entrevoit la difficulté. Si l'on s'en tient aux termes de la constitution de Martin V, Gabriel Condolmario était inéligible ; seuls les cinq ou six cardinaux qui avaient consenti a admettre Capranica conservaient le droit d'élire : quatre d'entre eux ayant donné leur suffrage à Albergati, ce dernier était pape et Eugène IV intrus 5.

1. Ms. cité, fol. '«28 r'. Catalano (p. 182) donne cet acte sous la date fausse du 11 mars.

2. Catalano, p. 183. Cf. Poggio, VilaD. Capranicœ (Baluze, Miscellanea, I, 344) ; J. Haller, I, 252, 253; K. Eubel, p. 291. V. aussi la déposition du cardinal lîranda du 28 septembre 1432 (ms. cité, fol. 404 r° ; Catalano, p. 196).

3. Cette protestation n'est pas du 9 mars, comme le porte le texte publié par Catalano (p. 177), mais du 1er: « Indictione nona, die la marcii » (ms. cité, fol. 385 r°).

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