SIXIÈME SESSION
Les nonces demandèrent, en conséquence, une prorogation et supplièrent qu'il ne fût pas donné suite à la procédure entamée contre le souverain pontife. Refus du concile. Eux-mêmes furent invités à ne plus aborderce sujet et à prendre garde que leurs imprudentes paroles leur fissent perdre le bénéfice du sauf-conduit qui les protégeait '. Dès ce moment, les gens de Bâle se montraient impatients d'en finir : « Nous entendons en grande « hâte expédier et renvoyer les ambassadeurs du saint-père », écrivaient-ils, ce même jour, au duc-protecteur du synode 2.
Puis, le 6 septembre, à l'échéance exacte du terme fixé, trois mois jour pour jour après l'affichage aux portes de Saint-Pierre du décret de monition et de citation du 29 avril, le concile tint, en présence des nonces, sa sixième session. Trois fois, des marches du maître-autel, trois fois, du seuil de la cathédrale, les deux évêques de Périgueux et de Ratisbonne crièrent : « Y a-t-il « ici quelqu'un prêt à comparaître avec un mandat suffisant pour « le seigneur pape Eugène, accusé de contumace ? » Les nonces ne pouvaient pas répondre : ils n'avaient point de procuration. Après que le promoteur du concile eut protesté de la nullité de ce qu'ils avaient fait ou feraient par la suite, et que Jean Berardi, une dernière fois, eut conjuré le synode de surseoir, ils durent se retirer. Ce fut alors au tour des cardinaux d'être appelés pour répondre à la citation : cette formalité allait être pour les pères l'occasion d'un nouvel et éclatant triomphe.
Non seulement, en effet, aux cardinaux Cesarini et Gapranica se joignait à présentie cardinal Branda de Castiglione, prélat inféodé à la politique milanaise, lié d'ailleurs dès le mois de mai par une promesse faite à Sigismond 3, et qui, parvenu à Bâle le 18 août, avait été incorporé le 21 4 ; non seulement les auteurs
1. J. Haller, 1,60 ; II, 207, 210,211 ; Monum. Concil., II, 229, 230.