‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 201 sur 396 · CARDINAUX RALLIÉS AU PARTI DU CONCILE · texte numérisé non relu

CARDINAUX RALLIÉS AU PARTI DU CONCILE

s'y faire représenter [. De son côté, Antoine Correr, bien que parent du pape, avait envoyé à Jean de Raguse sa procuration ~. On offrait enfin de justifier auprès des pères par de sérieux motifs l'absence de Cervantes, de Pierre de Foix, de Beaufort et de Prosper Golonna. En sorte que, sur dix-sept cardinaux que les promoteurs accusaient de contumace, six seulement paraissaient sourds aux invitations du concile 3. Enjoignant aux trois cardinaux présents et aux sept ou huit représentés ceux sur l'adhésion desquels on croyait pouvoir compter, Albergati, par exemple, qui correspondait avec les pères et allait bientôt faire à Bâle une première apparition 4, on arrivait au total de quinze cardinaux, sur vingt et un, prenant parti dans le conflit contre le pape pour le concile 5. Ce succès parut si concluant qu'on jugea inutile de continuer le procès des membres du sacré collège 6.

Après avoir ainsi mesuré tout à la fois leur impuissance et le prestige de l'assemblée, les nonces du pape pouvaient repartir : on les congédia le 10 septembre 7.

Il semblait que les pères attendissent leur départ pour délivrer de ses fers Jean Geparelli de Prato. Ce malheureux émissaire d'Eugène IV ne recouvra la liberté, après cent sept jours de prison 8, qu'au prix des plus humbles aveux : à deux reprises, publiquement, il dut demander pardon — • pardon d'avoir exécuté les ordres du pape, son maître, — et s'engager à respecter dorénavant tous les conciles 9.

1. J. Haller, II, 198, 206 ; Monuin. Concil., II, 228. — Déjà, le 24 avril, on avait remarqué l'absence des cardinaux Cervantes, Correr, Aleman, de Lusignan et Casanova à l'audience dans laquelle Eugène donna réponse aux ambassadeurs de Sigismond (ibid., p. 168). Cf. G. Pérouse, p. 110, 112-114.

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