‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 21 sur 396 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

preuve que les pères avaient fini par s'incliner devant l'autorité apostolique i. Conclusions contradictoires, qui l'une et l'autre manquent de base. Elles ne reposent que sur des faits entièrement controuvés. Il n'y a eu, de la part du pape, d'autre confirmation que celle des décrets rendus contre les erreurs bohémiennes 2.

Martin V cependant rompit bientôt le silence : mais on va voir que ce ne fut pas pour apporter son adhésion aux principes proclamés, du moins en apparence, dans les quatrième et cinquième sessions.

Le concile de Constance venait de prendre fin. Les ambassadeurs de Pologne, qui ne se tenaient pas pour battus, avaient interjeté appel au concile futur de la décision du pape relative au libelle de Falkenberg. Le 10 mai 1418, Martin V, à cette occasion, tint un consistoire public en présence du roi des Romains. Il y fit lire une minute de bulle, dont on peut discuter la valeur dogmatique, puisqu'elle ne reçut jamais d'autre publicité, mais dont on ne saurait plus contester l'existence, et qui répand d'étranges clartés sur la pensée du pape.

C'était une constitution rédigée sous la forme Ad perpétuant rei memoriam. Non seulement elle annulait l'ap-

1. Pierre de Versailles : « Concilium Constantiense, postquam Martinus positus est in Sede apostolica, petivit ab eo confirmacionem et approbaciônem eorum que fecerat. » (Bibl. Vat. mss. lat. Vat. 4154, fol. J68; 4140, fol. 11.) J. de Torquemada (Roccaberti, XIII, 605, 608; Summa de Ecoles., lib. II, § 99; lib. III, § 34). — Plus justement le même auteur a observé (ibid., lib. III, § 32) que, à partir de l'avènement de Martin V, le concile cessa de statuer et de définir, et que toutes les constitutions désormais furent faites au nom du pape, approhante Synodo.

2. La bulle In eminenlis du 22 février 1418 (v. plus haut, p. xix, note 4) est évidemment celle dont, au xvne siècle, le bibliothécaire de la Vaticane, Eram. de Scheelstrate, annonçait mystérieusement la découverte, en lui attribuant une signification qu'elle n'a pas. C'est aussi d'elle que Gilbert Burnet disait, sans l'avoir lue, qu'elle ne servait « qu'à faire voir l'artifice et la fraude de la cour de Rome, en général, et, en particulier, du pape » [Voyage de Suisse, d'Italie et de quelques endroits d'Allemagne et de France, Amsterdam, 1718 , in-12, II, 390).

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