HOSTILITÉ PERSISTANTE DES PÈRES
toire. Ces décrets de Constance établissant la subordination de la papauté, ces décrets de Bâle renouvelant, amplifiant les premiers, décrets vengeurs, libérateurs, il s'agissait d'en imposer l'acceptation au pape. A ce prix seulement Eugène contenterait l'assemblée.
Or, la bulle du 14 février était muette sur tous les événements qui avaient suivi la tentative de dissolution ; elle ne parlait qu'au futur de l'existence du concile : par conséquent, elle ne la faisait réellement commencer qu'au jour où les nouveaux légats inaugureraient leur présidence. Autant dire qu'elle abrogeait l'œuvre de toute une année, et au nombre de ces actes annulés par prétention figurait la série des décrets essentiels sur lesquels les gens de Bâle fondaient l'espoir tenace d'un affranchissement définitif l.
La bulle du 14 février souleva donc aussitôt des protestations ~. Cependant, le concile n'en ayant pas encore reçu transmission officielle, on s'occupa d'abord de répondre aux propositions apportées par les nonces (4 avril).
Ce fut, à proprement parler, une exécution, d'abord de la part de Cesarini, puis de la part des promoteurs de l'assemblée. Une semble pas que les gens du pape aient le moins du monde insisté.
Que Bologne ne présentât aucune sécurité, que l'Italie ne renfermât aucun asile convenable pour un synode, c'est ce qui aurait pu se discuter, bien qu'à vrai dire la question ne présentât plus qu'un intérêt rétrospectif, depuis qu'on savait les dernières concessions du pape. Mais qu'avaient à répondre les nonces à une déclaration de principes telle que celle-ci : le concile ne peut consentir à l'annulation de ses actes, car ce serait sembler douter de la supériorité du concile sur le pape 3 ?
1. Ainsi se trouvait vérifié le fait affirmé, le 4 février précédent, par le tchèque Jean de Rokyçana : le pape n'estimait pas que le concile fût actuellement assemblé d'une façon canonique (J. Haller, II, 334 ; Monum. Concil., I, 298).