‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 244 sur 396 · ON CONTESTE LA LÉGITIMITÉ DU PAPE · texte numérisé non relu

ON CONTESTE LA LÉGITIMITÉ DU PAPE

vaient, le 15 juin, que plus d'un se flattait, par ce moyen, d'obtenir l'annulation de l'élection de 1431, après quoi il serait procédé à la déposition d'Eugène, considéré aussi comme administrateur insuffisant et comme dilapidateur des biens ecclésiastiques [. Suivant une chronique toscane, les pères avaient l'idée de remplacer Eugène par Albergati 2, et c'est aussi le choix auquel se ralliait déjà le roi d'Aragon Alphonse V, au cas où l'on ne parviendrait à faire passer aucun de ses candidats préférés, les cardinaux Pierre de Foix, Dominique Ram ou Jean Casanova 3. Enfin la session du 13 juillet, dont il vient d'être question, fut marquée par un incident scandaleusement caractéristique. Au cours des orageuses disputes qui précédèrent la lecture des décrets, la voix du v irdinal de Castiglione s'éleva pour insinuer qu'il y avait lieu de douter de l'élection d'Eugène IV ; le cardinal d° Rochetaillée opina dans le même sens, et l'un des ch "s de l'ambassade française, Philippe de Goëtquis, archevêque de Tours, osa déclarer publiquement, en s'adressant à l'assemblée, que le roi Charles VII, son maître, avait partagé et partageait également ce doute 4.

1. « Sur lesquelles matières et sur le fait du Pape, nous voyons que à toutte [s] fins plusieurs tendent à la destitution du Pape sous coleur d'une cedulle par laquelle ils veuillent entièrement annuller son élection ; et après ont entention de procéder à sa déposition, tant sous celle coleur que sous titre qu'il est dilapidateur des biens d'Eglise et inutil au gouvernement d'ycelle... Et, se Dieu n'y pourvoye, nous sommes en danger d'avoir cisme en l'Eglise. » (Bibl. nat., ms. lat. 1518 fol. 9 v°.)

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