CESARINI INFLEXIBLE ADVERSAIRE DU PAPE
a J'ai beaucoup vu, beaucoup appris ; je redoute bien des choses : « c'est l'habitude des vieillards. Toujours je m'efforcerai de (( défendre la dignité de l'Eglise romaine, l'autorité du saintce siège, autant que Dieu me le permettra. Et je le supplie humblece ment de vous inspirer aussi la pensée d'agir de manière à sauce vegarder l'union, la paix de l'Eglise, la tranquillité et le salut « de la chrétienté K »
Touchant appel, dont l'éloquence, malheureusement, dut rester vaine ! Gesarini, je l'imagine, répondit à Giordano que ses remontrances se fussent adressées avec plus de profit à Eugène IV lui-même. A ce moment, en effet, le légat, dans une lettre écrite au marquis de Mantoue, cherchait à justifier la conduite des pères et à rassurer sa propre conscience en rejetant sur le pape la responsabilité de tous les malheurs qu'il entrevoyait 2. Le concile s'occupait déjà de provoquer des soustractions d'obédience, au cas où le pape ne céderait pas dans le délai prescrit ; l'avenir était sombre : mais qu'importait, en somme, puisqu'Eugène était le maître de sauver la situation ? Cesarini s'en lavait les mains.
Revenons à Eugène IV.
Il reçut bientôt du môme légat une formule de rétractation. On l'invitait à révoquer sa bulle de dissolution, à affirmer très nettement l'existence continue du concile depuis son ouverture, à reconnaître l'inefficacité absolue des tentatives de translation ou de dissolution, à adhérer enfin au synode franchement, de tout cœur, en promettant de le soutenir et de le favoriser. Si le pape souscrivait à cette formule, toutes les difficultés cessaient. Les pères eux-mêmes n'auraient plus pour lui que des égards respectueux : Gesarini s'en portait garant et consentait, dans le cas