‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 284 sur 396 · MAUVAIS EFFET PRODUIT PAR LES BULLES DU PAPE · texte numérisé non relu

MAUVAIS EFFET PRODUIT PAR LES BULLES DU PAPE

L'archevêque de Spalato et l'évêque de Cervia avaient, depuis l'arrivée de l'Empereur, repris quelque assurance : ils paraissaient « ressuscites », au dire d'un Vénitien [, et l'on avait cessé de les traiter « comme des Juifs ». Ils expliquèrent que, pour le moment, il s'agissait seulement d'une révocation générale de ce qui avait pu porter atteinte à la dignité, à l'autorité, à l'indépendance du pape ou de la papauté, des cardinaux, etc. On rechercherait ensuite, d'accord avec les présidents, quels actes, au juste, devaient rentrer dans cette catégorie : le concile lui-même serait juge de ce qu'il convenait d'annuler. Mais c'était trop longtemps discuter sur des pièces que l'on ne connaissait pas : Cesarini réclama les écrits contenant les offres d'Eugène IV, et alors seulement furent communiqués la bulle Dudum sacrum du Ier août et les pouvoirs datés du 13. A ces deux textes les nonces joignirent une note cherchant à présenter les propositions du pape d'une manière engageante : beaucoup des actes du concile ne tombaient-ils pas d'eux-mêmes par suite de l'adhésion d'Eugène IV ? Parmi les autres, il y en avait qu'il était gênant de maintenir, louable de modifier. En tout cas, une fois les présidents admis, les questions douteuses seraient tranchées d'un commun accord.

Dès la lecture de la première bulle, Cesarini avait laissé voir son mécontentement. On dut bientôt reconnaître qu'il était partagé. De tous les cardinaux, de tous les délégués qui se réunirent pour délibérer dans la soirée du 14 octobre, pas un ne fut d'avis que les bulles du mois d'août constituassent, de la yjart du pape, une adhésion pure et simple, répondissent, par conséquent, aux injonctions du dernier décret. C'est envahi que Sigismond se déclarait satisfait, en vain qu'il exprimait aux pères désappointés une naïve surprise. Il fut décidé, le 15, que la bulle Dudum sacrum était insuffisante, et qu'on le ferait savoir à l'Empereur en termes gracieux 2.

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