Deutsche Reichstaysakten, XI
2. Ihid., p. 86,87; Monum. ConciL, II, 468, 469, 472, 473; Ampliss. collect., VIII, 667 ; J. Haller, I, 255 ; II, 505.
Les pères avaient raison de ménager Sigismond. Cette même journée du 15 octobre allait voir mollir d'une singulière façon la résistance de l'étrange avocat du saint-siège. Comme s'il n'eût plus cherché qu'à se justifier, à se faire pardonner son voyage à Rome et son couronnement, l'Empereur allégua l'incompétence d'un laïque en ces matières, les illusions qu'il s'était faites sur la portée des bulles du pape. Il prétendit avoir été tenu dans l'ignorance des véritables desseins d'Eugène IV et n'avoir eu, à Rome, communication que d'une bulle Dudum sacrum très différente de celle qu'avaient exhibée les nonces : toute la fin contenant les clauses restrictives y manquait *:
Cette bulle tronquée, ou, sil'on veut, cette bullepresque entièrement conforme au modèle envoyé par Cesarini, existait, en effet. Eugène l'avait fait expédier en même temps que l'autre bulle, comptant la garder par devers lui et ne s'en servir que si les pères, d'eux-mêmes, abrogeaient leurs décrets 2. Il n'est donc pas impossible qu'il l'ait montrée à Sigismond.
Quoi qu'il en soit, celui-ci, poursuivant son mouvement de retraite, reconnut que le procès intenté à Eugène intéressait la foi et la réforme, rentrait, par conséquent, dans le cadre de la triple mission assignée au concile. Les pères triomphaient.
Pour achever leur victoire, Cesarini sortit de la chambre où le retenait une indisposition, et, dans un discours de deux heures, fit miroiter aux yeux du monarque ébloui tous les arguments favorables à la suprématie conciliaire. Sigismond se déclara, pour sa part, convaincu. Cependant, comme les nonces lui avaient exprimé plusieurs fois le désir de plaider la cause du pape, il réclama une sorte de conférence contradictoire, à laquelle assisteraient tous les ambassadeurs. De la sorte, ajouta-t-il, on parviendrait