QUATORZIÈME SESSION
leur attira, de la part de Sigismond, cette apostrophe indignée : « Comment êtes-vous donc entrés ici, n'ayant point la robe nup- « tiale? »
Quant à l'Empereur, il n'avait point de ces hésitations. Sa conversion était de celles dont le concile avait le plus lieu de s'enorgueillir. Le monarque avait totalement perdu le souvenir de ses épanchements de Rome et de ses promesses de médiation ; il ne se rappelait même plus que, quinze jours auparavant, il avait déclaré vouloir « mourir avec le pape ». Eugène IV, à ses yeux, n'était qu'un entêté. En cas de refus persistant, Sigismond comptait bien l'abandonner à son sort, s'en remettant au concile du soin de régler l'avenir l . Le 7 novembre, il écrivit à ce pontife, qu'il se vantait d'avoir servi comme son père : « Que de fautes commises ! Pource quoi ne s'en être pas tenu à la formule de Cesarini ? Pourquoi ces « actes postérieurs aux entretiens du mois d'août? Enfin, grâce « aux efforts réunis de l'Empereur, des Electeurs, des Vénitiens, « on était, non sans peine, arrivé à de saintes et honnêtes con- « clusions, que le souverain pontife était supplié d'approuver2!»
Ces « saintes conclusions » firent l'objet du décret de la quatorzième session. Sigismond, à gauche de l'autel, revêtu de la dalmatique et de la chape, coiffé du diadème par-dessus la mitre blanche et ayant devant lui, portés par les barons, le sceptre, le globe et l'épée, semblait donner aux décisions des pères la consécration impériale. Il ne s'était même pas borné à un acte de présence : il avait dissuadé les nonces de venir troubler l'auguste cérémonie par une protestation vaine. Cette dernière ne fut lue que devant le président et une fois la séance levée.
Le décret du 7 novembre, en accordant au pape le sursis de trois mois, lui imposait l'obligation d'annuler ses deux bulles Inscrutahilis et In arcano et l'encyclique Deus novit, d'une