Monum. ConciL, II
2. J. Haller, I, 322. — Nouveaux reproches dans une lettre au pape du 20 décembre (Deutsche Reichslagsalrfen, XI. 123).
manière générale, tout ce qu'il avait pu faire au préjudice du concile, le forçait aussi à déclarer ce concile légitimement tenu et continué depuis l'origine, et à révoquer toutes mesures prises contre les cardinaux Capranica, Casanova et de Lusignan.
En échange de ces humiliants désaveux exigés du saint -père, que lui promettait-on ? Ni l'admission de ses présidents, ni le retrait des décrets attentatoires aux droits du saint-siège, ni même la moindre garantie au sujet des suites possibles du procès Capranica, en un mot, rien de ce qu'il demandait. On se bornait à renouveler la promesse vague qu'on lui avait faite, au mois de septembre 1432, de l'honorer, s'il cédait, de lui complaire et de le servir, en le regardant comme le chef du synode l.
Cette fois, le concile, avec la connivence des princes, ne laissait à Eugène IV que cette alternative : la soumission complète ou la suspension.
Les ambassadeurs ne tardèrent pas à se mettre en route pour l'Italie ; ils se donnaient tous rendez-vous à Pérouse vers le commencement du mois de décembre 2. Et, parmi eux, les plus pressés d'amener Eugène à composition, ceux du moins qui prirent les devants, sans attendre leurs collègues, et qui, bravant des dangers, surmontant des obstacles dont il va être question bientôt, parvinrent à Rome les premiers, dès le 5 décembre, ce furent précisément ces envoyés vénitiens dont Sigismond jugeait naguère si important de s'assurer le concours.
Venise ne croyait pas trahir son compatriote. Elle l'avait connu dans sa jeunesse, disait-elle, honnête et vertueux et supposait qu'en s'élevant jusqu'au rang de pontife il avait également grandi en sainteté 3. Résolue, dans son propre intérêt, à le maintenir coûte que coûte, elle n'avait épargné ni démarches,