Lib. II, cap. J3 (Opéra, p
4. Rinaldi, IX, 207, 208, 211, 212. Monum. Concil, II, 828. — D'après Jean de Ségovie (III, 63), qui constate le fonctionnement de la chancellerie constituée par les pères et reconnaît que le concile a eu, dès la première année, un auditeur de la chambre, la pénitencerie n'aurait commencé à être organisée que vers le commencement de l'année 1438. Le cardinal Aleman fournit, à ce propos, quelques renseignements précis dans une lettre du mois d'août 1438 : « Ordinata est Penitentiaria, ut sequitur... Et sic hec firmatur curia Romana. Cancellaria a diu est ordinata... » (Bibl. nat., ms. la t." 1517, fol. 75 r°.) Ségovie (III, 118) ajoute que, à la pénitencerie du concile, les lettres furent taxées un tiers en moins qu'à Rome. — On peut se faire une idée de la quantité prodigieuse de petites affaires qui étaient déférées au concile et réglées en congrégation générale, après avoir passé successivement par les quatre députations, en consultant les registres de suppliques de juin 1437 à avril 1438 et d'août 1439 à janvier 1440 qui sont conservés
LE GOUVERNEMENT DE l'ÉGLISE A BALE 317
des dispenses pour mariages entre cousins aux troisième et quatrième degrés. On parlait de tenir des consistoires publics qui vaudraient ceux du Vatican, et déjà un témoin s'attendait à voir Cesarini faire figure de pape 1 .
Puis, comme il fallait défrayer cette multitude, que les loyers étaient chers, les vivres hors de prix ~, et la correspondance avec la chrétienté coûteuse, on s'aperçut de l'insuffisance des ressources premières.
Les possesseurs de bénéfices touchaient, quand ils pouvaient, le principal de leur revenu 3 ; les monastères, les chapitres devaient servir des pensions à leurs représentants 4 ; les grâces, les procès rapportaient quelque chose : mais qu'était-ce là auprès de tant de charges écrasantes? On autorisa certains prélats à lever sur leurs terres ou dans leurs diocèses de ces subsides appelés « caritatifs » parce que le payement en était sollicité plutôt qu'imposé, ce qui n'empêchait pas que les contribuables ne pussent s'y soustraire sans encourir l'excommunication ■'.
dans les Bibl. de Genève (ms. lat. 61) et de Lausanne (ms. G 863; cf. J. Haller, Zeitschr. f. die Gesch. d. Oberrheins, nouv. série, t. XVI, p. 22-27).
1. Lettre de l'évêque de Padoue du 22 novembre 1433 (Scarabelli, Archiv. stor. ilaliano, lr0 série, XIII, 282). Sur les dispenses de toutes sortes qu'accordait Cesarini, v. Monum. Concil., II, 828.
2. Lettre de Jean de Montenoison du 13 avril 1434 (J. Haller, I, 261).
3. Décret de la lrs session (Monum. Concil., II, 61). Cf. ibid., p. 895. J. Beyssac, Revue du Lyonnais, t. XXVIII, 1899, p. 427; Ampliss. collect., VIII, 937 ; cf. Arch. de l'Aube, G 1275.
4. Le chapitre de Rouen assigna, le 23 janvier 1432, à l'official Jean Basset, qui devait le représentera Bâle, une pension de vingt sous par jour « cum distributionibus in cedula inscribi consuetis » (Arch. de Seine-Inférieure, G 2126, fol. 145 v°). Tel fut aussi le traitement attribué au chanoine Pierre Maurue, qui fut nommé ensuite à la place de Jean Basset. Nicolas Midi, qui le remplaça définitivement, devait jouir, pendant son séjour à Bâle, de tous ses revenus et distributions quotidiennes de Rouen (ibid., fol. 161 r°). D'autre part, on voit, le 15 mars 1432, le concile décréter un compulsoire pour forcer le clergé du diocèse d'Amiens à contribuer aux dépenses de ses représentants (J. Haller, II, 59). On se souvient de l'emploi des deniers provenant de la décime dont Charles VII ordonna la levée en France le 10 septembre 1432 (v. plus haut, p. 199). C'est à cette levée que doit se rapporter une quittance donnée, le 20 juin 1433, par un chanoine du Mans, commis en Languedoc pour le receveur général du « subside levé en faveur du concile », à un receveur particulier du même subside dans le diocèse d'Albi (Arch nat., L 371, n° 9).
5. Ainsi l'évêque de Ratisbonne (Ampliss. collecl., VIII, 218), celui de Chalon (J. Haller, II, 178), celui de Nevers (ibid., p. 533). Cf. ibid., p. 205, 219, 537.
On tâcha de s'approprier, de côté et d'autre, les deniers recueillis par les collecteurs de la Chambre apostolique l. Enfin, malgré de vives oppositions, et après des essais infructueux 2-, on se décida à emprunter au saint-siège un de ses expédients les plus discutés : le concile prétendit imposer une demi-décime sur tout le clergé de la chrétienté (8 février 1434) 3. Plus tard, il se réserva le « quint denier », c'est-à-dire le cinquième du revenu de tous les bénéfices, de quelque manière que ceux-ci vinssent à vaquer, et quelle que fût l'autorité qui en disposât : exaction, dit /Eneas Sylvius, beaucoup plus dure à supporter que celle des annates 4. Il fallait bien que l'Eglise achetât son bonheur par quelque sacrifice.
Telle était l'assemblée avec laquelle Eugène IV promettait désormais de vivre en bon accord.
Il s'agissait tout d'abord de mettre à profit la joie et la reconnaissance qui venaient d'éclater à Bâle à la nouvelle de la récon-