‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 335 sur 396 · ARRIVÉE DU PAPE A FLORENCE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DU PAPE A FLORENCE

dente, elle eût souhaité de l'attirer déjà chez elle l, et, au mois d'avril, avant même la révolution romaine, le bruit avait couru qu'il irait prochainement lui demander l'hospitalité ~. Il la trouvait parvenue à un haut degré de splendeur et de puissance, animée d'ailleurs de dispositions excellentes à son égard. Des feux de joie s'étaient partout allumés dans Florence, les carillons de tous les campaniles s'étaient mis à sonner à la nouvelle de son évasion.

Il n'avait pas encore franchi la porte San Frediano que déjà les riches présents se succédaient les uns aux autres : une croix d'argent garnie d'émeraudes, don des Six de la marchandise; un poêle de drap d'or, une chape enrichie d'or et de perles, un cheval blanc caparaçonné de cramoisis, offrande généreuse des Capitaines de la partie guelfe. A l'entrée de la ville se trouvaient, pour le recevoir, les Seigneurs et le Gonfalonier de justice, abrités sous leur étendard, tous les ordres religieux avec leurs somptueux reliquaires. Le cortège se forma. Derrière la « famille » du pape, au milieu de cent jeunes gens tous vêtus de soie, tous tenant de gros cierges, un mulet blanc s'avançait portant le Saint- Sacrement dans un simple coffret recouvert de cramoisis et surmonté d'une petite croix. Ensuite paraissait le vicaire de Jésus- Christ, accompagné du cardinal Casanova, et, à sa suite, plusieurs évêques répandaient sur le peuple une pluie de menue monnaie. On se rendit ainsi à la cathédrale inachevée de Santa Maria del Fiore, où le pape octroya une indulgence. Le lendemain, fête de saint Jean-Baptiste, Eugène, assis sur un trône élevé, vit défiler à ses pieds la procession traditionnelle. C'est peut-être

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