Commiss. di Rln. d. Alhizzi, III, 587; cf. p
2. Lettre de Georges Cesarini (Bâle, 20 avril 1434) : « Versus Romain hic novitcr habetur Papam omnino Florentiam venturum esse, et ibidem pro ipso nunc locum adactari et fulciri. » (Arch. Gonzaga de Mantoue, C&rteyyio degV inviaii ed1 altri ne' Svizzeri, E xvn, n° 3.) Cf. une lettre de la seigneurie de Florence à celle de Venise du 5 avril (Cecconi, p. lv). Dès le mois de février, les Florentins avaient mis deux navires à la disposition du pape pour le conduire où il voudrait (ibid., p. liv):
le jour où Vespasiano da Bisticci se souvenait d'avoir vu, sur la place de Santa Maria Novella, la foule émue éclater soudainement en sang-lots à la vue de ce pontife, doublement vénérable par son saint caractère et par ses infortunes, qui se dressait sur la tribune élevée devant le couvent dominicain pour entonner le verset Adjutorium nostrum, prélude de la bénédiction pontificale *.
A Rome cependant la fuite du pape avait donné le signal du pillage. Partout où avait résidé Eugène IV, à Sainte-Marie-au- Trastévère, h Saint-Chrysogone, au Vatican, la populace fît main basse sur tout ce quelle put enlever. Parmi les objets dérobés, on signale même des registres qui font sans doute encore défaut dans les séries des archives du saint-siège2.
Seul le Châtéau-Saint-Ange continuait de déployer la bannière de l'Eglise en face de la ville révoltée, et le gouverneur, un certain Balthazar Baroncelli d'Offida, dont le nom reparaîtra plus d'une fois dans ce récit3, manifestait l'intention de tirer vengeance des rebelles. Pour se défendre contre ses sorties, les Romains avaient la ressource d'élever des barricades en travers du pont Saint-Ange et à l'entrée du Borgo. Mais, pour mettre fin à son bombardement, il n'y avait qu'un moyen, s'emparer de la citadelLe. On espéra y parvenir par l'entremise d'un espagnol, le chevalier Riccio, introduit dans la place, et qu'on croyait acquis à la cause républicaine. De fait, il communiqua plusieurs fois avec les avant-postes romains, et leur donna à entendre que l'heure de la victoire allait sonner. Un jour, en effet, le Château
1. G. Morelli, p. 119; G. Cambi, p. 191 ; Istorie di Firenze (Murât., XIX, 975- 977) ; A. Traversait, Hodœporicon, p. 69 ; Vespasiano da Bisticci (A. Mai, Spicil. Roman., I, 18-21). — Le 4 juillet, la seigneurie projetait d'envoyer à Bâle une députation dont les membres seraient désignés par le pape lui-même (Commiss. di Rin. d. Albizzi, III, 591).
2. Brefs du 17 juin (L. Pastor, Ungedruckte Akten, p. 24) et du 12 juillet 1434 (Arch. du Vat., Reçf. 366, fol. 1 v° ; Theiner, III, 325).
3. A la date du 3 décembre 1433, il commandait 180 hommes d'armes, dont 110 préposés à la garde du Palais apostolique (Arch. du Vat., Armar. XXIX, t. 22, fol. 96 v°).