‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 341 sur 396 · MÉCONTENTEMENT DE L EMPEREUR · texte numérisé non relu

MÉCONTENTEMENT DE L EMPEREUR

prenaient de mettre en garde les pères contre ce qu'ils appelaient des calomnies d'origine vénitienne, et le président de la députation assurait que le concile se souvenait toujours avec gratitude des services importants de Philippe-Marie l .

Réduit à agir seul, Sigismond écrivit au duc de Savoie de se tenir prêt à marcher avec toutes ses forces contre le duc de Milan (11 mai) ~. Il eût voulu au moins obtenir des pères l'annulation d'une bulle expédiée à leur insu par des délégués anonymes, et dont on avait fait un si étrange abus 3. Puis il revenait à la charge pour réclamer l'envoi de lettres destinées à mettre un terme aux spoliations. Le concile en délibéra, mit à l'étude un projet 4, mais, somme toute, continua de rester spectateur impassible des guerres et des ruines de l'Italie centrale. L'impuissant Empereur, suivant une expression devenue banale, qui ne le semblait point dans sa bouche, s'aperçut alors qu'il était, à Bâle, « comme une cinquième roue à un carrosse » : il menaça de repartir '.

Il ne fallut rien de moins que la nouvelle de la révolution du 29 mai et de la captivité du pape pour secouer un moment l'indifférence des pères. Sur la motion de Cesarini, l'on voulut bien rechercher les moyens de délivrer Eugène IV et de recouvrer l'Etat pontifical: une commission du moins fut formée à cet effet (17 juin) (i. Mais presque aussitôt la nouvelle de l'évasion d'Eugène IV, dont on témoigna d'ailleurs assez de satisfaction, fit ajourner encore le projet d'intervention 7.

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