‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 342 sur 396 · Ibid., p. 124 ; Monum. Concil., II · texte numérisé non relu

Ibid., p. 124 ; Monum. Concil., II

7. Dès le 17 ouïe 18 juin, l'archevêque de Tarente, aurait communiqué aux pères la nouvelle de l'évasion du pape et de son arrivée à Cività Vecchia ou à Porto Pisano (ibid., p. 712; Concil. Basil., III, 126; V, 94).. Cf. Baluze, Miscell., III,

Le Pape et le Concile. 23

Lorsqu'on en reparla, quelques semaines plus tard, la façon dont on le concevait n'était rien moins que rassurante. Le duc de Milan, dans l'intervalle, avait fait présenter sa justification ; il avait prétendu que les entreprises des condottieri ne le concernaient en rien, qu'il s'était comporté en prince catholique, n'ayant jamais occupé la moindre parcelle de terre ecclésiastique, pas même un évêché, et il avait eu l'audace d'offrir ses conseils et son concours aux cardinaux que le concile enverrait pour le recouvrement des terres usurpées l. Or, les pères n'étaient pas éloignés de prêter l'oreille à ces offres hypocrites. Le cardinal Cervantes jugeait que le concile serait coupable de ne pas accepter de telles propositions, et ne voyait de danger que dans les efforts d'Eugène pour reconquérir ses états avec l'aide de Venise. Bref, il était question d'agir, non pas d'accord avec le pape, mais en dehors de lui, ou plutôt contre lui. C'est ce qui explique l'opposition des nonces. L'abbé de Sainte-Justine fît remarquer qu'Eugène IV s'était déjà entendu avec Venise, avait obtenu l'envoi de 3.000 cavaliers, que l'arrivée d'un légat ne ferait que compliquer les choses, et qu'en tout cas il importait de consulter le saint-père. Un Vénitien ajouta qu'on aurait l'air de vouloir donner un coadjuteur au pape, et qu'il serait singulier de prendre au sérieux les offres de services de Philippe-Marie au moment où celui-ci venait de s'emparer de Bologne 2.

Cette dernière allégation contenait une part de vérité. Depuis longtemps, les intrigues des Canedoli, soutenus sous main par le Visconti, rendaient difficile, à Bologne, la situation du gouverneur. A Fantino Dandoli avait succédé dans cette charge, le 24 janvier 1433, Marc Condolmario, archevêque de Tarentaise 3,

1. Osio, III, 118; J. Haller, III, 138; Monum. Concil., II, 720. Cf. Arch. d'État de Florence, Consulte e pratiche, 52, fol. 176 v° (sous la date du 8 août 1134) : « Dux Mediolanensis scripsit Concilio excusationes quod non est de suo consensu quod damnificetur Ecclesia... »

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