‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 363 sur 396 · LA RÉFORME DE LA COUR DE ROME · texte numérisé non relu

LA RÉFORME DE LA COUR DE ROME

même, par la bouche de Cesarini, rendit hommage k ces premiers efforts [, qui eussent été sans doute suivis d'autres réformes si les troubles et la lutte contre Bâle n'eussent détourné l'attention du saint-père. L'auteur d'un mémoire rédigé vers 1432 estime qu'Eugène avait déjà épuré les mœurs de la cour de Rome ~. Le 18 mai 1434, à la veille de la révolution, et tandis que les pères ne parvenaient point k s'entendre sur la rédaction d'un décret contre la simonie, depuis longtemps mis à l'étude, le pape, du couvent de Saint-Chrysogone, où il s'était réfugié, trouva le loisir de promulguer contre le même abus une bulle des plus sévères : aucun dignitaire, évêque, patriarche, cardinal ou roi même n'était épargné ; le même anathème frappait les coupables et les instigateurs de la faute ; le pape seul pouvait lever l'excommunication, si ce n'est à l'article de la mort, et tous ceux qui avaient connaissance du délit étaient obligés de le dénoncer3. Quand Eugène IV affirmait que la réforme trouverait en lui un auxiliaire dévoué 4, certains de ses actes pouvaient servir de commentaire k ses paroles.

Cependant le concile, faute de s'entendre avec le pape en matière de réforme, faute de tenir compte de certains besoins, de garder certains ménagements, se priva d'un concours qui lui était indispensable. Il aima mieux heurter de front la papauté que s'accommoder avec elle. Il voulut la brider : il ne réussit qu'à la froisser, k la buter. Le résultat de ces conflits perpétuels fut peu favorable aux réformes bâloises, dont beaucoup, procédant d'intentions excellentes, méritaient un meilleur sort.

Ainsi, en rétablissant les élections canoniques par un de ses

J. V. plus haut, p. 137.

2. « Nec quarta causa congregandi generalem sinodum subest, cum sanctissimus Dominus noster Romanam curiam in moribus refformaverit per suas constituciones salubres, et in cunctis statibus normam clero et populo christiano tribuere sollicitus est... » (Bibl. Vat., ms. lat. Vat. 4138, fol. 14 r°.)

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