‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 364 sur 396 · Bullar. Rom. Taurin, edil. (1857-58), V · texte numérisé non relu

Bullar. Rom. Taurin, edil. (1857-58), V

4. Cf. sa lettre du 6 juillet 1431 adressée au duc de Bretagne (E. Vaucelle, La Bretagne et le concile de Bâle, dans Ann. de Sàint-Louis-des-Français, 1P06, p. 535).

premiers décrets réformateurs (13 juillet 1433), le concile ne faisait que consacrer une règle acceptée par Martin V au moins en principe. Eugène IV, qui ne l'avait jamais reconnue, ni beaucoup observée, continua de s'en affranchir1. De là indignation des pères, violentes récriminations. Encore eût-il fallu tenir compte au pape des nombreuses circonstances dans lesquelles il était obligé de pourvoir à une abbaye, à un évêché pour contenter le désir impérieux d'un prince 2. Les pères auraient dû se montrer d'autant plus indulgents à cet égard qu'eux-mêmes, par complaisance, dérogeaient quelquefois à la règle qu'ils avaient posée. Aucun procès ne les passionna plus que celui dont l'enjeu fut l'évêché de Lausanne ; ils s'indignaient que, dans cette affaire, la cour de Rome eût passé outre sans tenir compte de trois sentences qu'ils avaient successivement rendues : or, Eugène IV se trouvait défendre la cause des chapitres en la personne de Jean de Prangins, tandis que le concile, en soutenant le rival de celui-ci, Louis de la Palu, contrecarrait l'effet d'une élection canonique 3.

Au mois de février 1435, Eugène IV ayant nommé les cardinaux Albergati et Cervantes ses légats a latere à Bâle, les chargea, de concert avec Cesarini, Jean Berardi et Pierre Donato, de statuer sur tous les différends qui s'élèveraient au sujet d'évêchés ou d'abbayes à la suite d'élections canoniques ou de provisions pontificales 4 : il ne pouvait mieux manifester son désir de conciliation.

Une réforme plus radicale, et qui portait un coup bien plus rude au saint-siège, fut celle qui, sous le nom générique d'« an- <( nates », supprima tous les droits perçus tant à Rome qu'ailleurs à l'occasion des provisions ou confirmations de bénéfices, des collations d'ordres sacrés, des octrois de pallium.

i. Hist. de la Pragmul. Sanct. de Bourges sous Charles Vil, p. lxxii.

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