‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 37 sur 396 · Monum. Concil., I · texte numérisé non relu

Monum. Concil., I

4. Le 14 mai 1423. Cette ville était administrée, sous la suzeraineté nominale du saint-siège, par la veuve du tyran héréditaire Georges Ordelaffi (Ann. Foroliv., Muratori, XXII, 211).

5. Lettre du 29 avril adressée au secrétaire J.-Fr. Gallina (R. Maiocchi, Il concilio générale di Pavia del 1423, p. 403). Mandement du 10 mai au podestat de Pavie (C. Magenta, / Visconti e gli Sforza nel castello di Pavia, Milan, 1883, in-f°, II. 125).

6. De rébus Basileœ gesiis, p. 33. — Le pape lui-même prête flanc à cette accusation en indiquant mystérieusement, dans ses lettres du 25 juillet, d'autres motifs qui, outre l'épidémie, ont pu amener la translation : « Necnon aliis quibusdam legitimis existentibus causis... » (Monum. Concil., 1, 11.) Il suppose sans doute que les pères de Pavie partageaient ses préventions contre Philippe-Marie.

Les témoignages concordants de tous les contemporains *-, y compris ceux qui sont le plus portés à incriminer Martin V 2, ne laissent aucun doute à cet égard. La continuation du concile à proximité de ce foyer pestilentiel ne parut possible qu'aux seuls intéressés, c'est-à-dire à quelques membres du clergé de la ville et du diocèse 3. Le duc lui-même ne fît rien pour retenir les pères. Il se borna à leur offrir une autre ville de ses états, à l'exception toutefois de Brescia et de Milan, peut-être déjà contaminées 4.

Alors se posèrent deux questions délicates. Qu'allait-on décider ? Qui allait prendre la décision ?

Le 21 juin, au communiqué des ouvertures de Philippe-Marie, les pères s'étaient mis à délibérer en dehors de la présence des légats : discussion fiévreuse, d'autant que l'émissaire du duc réclamait une réponse immédiate, qu'il pût emporter le jour même. Si peu nombreux que fussent les pères, ils n'arrivèrent pas à tomber d'accord. En désespoir de cause, l'évêque de Posen finit par déclarer, au nom de la « nation allemande », dont il était un des quatre représentants, qu'il s'en remettait aux légats du choix d'un nouveau lieu dans les limites de l'Italie. L'évêque d'Amiens en dit autant, au nom des six membres composant la « nation française », et l'évêque de Lincoln appuya la motion 5,

1. Continuateur de Ptolémée de Lucques (Muratori, III, ri, 865) ; Fr. Tomazzi, Hist.Senensis (ibid., XX, 23) ; J. de' Burselli, Ann. Bonon. {ihid., XXIII, 869); biographe anonyme de Martin V (éd. F.-X. Glasschrôder, Rômische Quartalschrift, 1891, p. 185) ; Th. Ebendorfer, Chron. regum Romanor. (éd. A. -F. Pribram, Mittheil. d. Instituts f. oesterreich . Geschichtsforsch., Ergânzungsb., III, 1890- 94, p. 120).

2. Jean de Raguse et l'abbé de Paisley (Monum. Concil., I, 11, 54).

3. V. leur protestation du 23 juin (G. Robolini, Notizie appartenant! alla istoria délia sua patria, Pavie, 1834, in-8°, V, i, 100; R. Maiocehi, p. 413-415).

4. Cf. les lettres de Martin V du 25 juillet (Mohum. Concil. , I, 11). Cf. R. Maiocehi, p. 415, -416.

5. Philibert de Montjeu, évêque d'Amiens, et Richard Flemming, évêque de Lincoln, sont sans doute les prélats qui furent l'objet, au mois suivant, d'attentions spéciales en la ville de Sienne. V. une délibération du 17 juillet : « Quod dominusepiscopus Anglicus et dominus episcopus Francigena, qui nuper venerunt adeivitatem Senensem et voces ottinent nacionis eorum in Concilio, presen-

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