DÉCRET DU 7 SEPTEMBRE
remontant au 13 juillet, et le plan de la conférence qui devait s'ouvrir à Constantinople. En invitant les Orientaux à venir en Hongrie, en Allemagne, en Savoie ou en Italie, ils prenaient donc une initiative qu'ils savaient directement contraire aux intentions du pape. Il est vrai que modifier ou seulement ajourner un décret par égard pour le saint-siège eût été un acte de faiblesse qu ils se fussent reproché comme attentatoire à la suprématie conciliaire. La dix-neuvième session ne fut point retardée d'un jour i.
Sans doute les Grecs avaient demandé que ces articles reçussent l'approbation d'Eugène. Ils avaient expliqué que l'assistance du pape ou de ses représentants était indispensable pour que le futur concile eût, à leurs yeux, le caractère d'œcuménicité. Mais les pères s'embarrassaient peu de ces difficultés : il ne s'agissait que de faire plier Eugène IV, une fois de plus, sous leur volonté souveraine. Ils terminèrent leur décret en adjurant le pape d'accorder sa ratification, et, à cet effet, lui envoyèrent, dès le 15 septembre, Simon Fréron 2. Cependant, comme s'ils eussent eu honte de leur tardive déférence, et de peur qu'on s'imaginât qu'ils attachaient eux-mêmes trop d'importance au consentement du pape, ils indiquèrent que, ce qu'ils en faisaient, c'était pour contenter les Grecs.
Au premier abord, le pape parut étonné qu'on eût pris sans le prévenir une décision aussi grave. Il répondit, le 20 octobre, de façon évasive 3. Quelques semaines plus tard, il se résigna à envoyer à Bâle son assentiment, non sans marquer fort peu de confiance dans le succès de la combinaison projetée, et non sans signaler le ridicule dont les Latins seraient couverts si, au même
1. Monum. Concil., II, 761. C'est un peu plus tard, le 17 septembre, que les présidents communiquèrent officiellement le projet arrêté par le pape, ainsi que la lettre du 31 août par laquelle Eugène IV les mettait au courant de ce qu'il avait fait (ms. 1982 de Douai, fol. 388 v° ; Ampliss. collect., VIII, 738). La surprise ne dut pas être alors si grande qu'on l'adit (G. Pérouse, p. 191).