Ihid.; Ampliss. collect. , VIII
moment, la convention emportée parGaratoni se concluait à Constantinople (15 novembre 1434) *.
Il ne croyait pas si bien dire. Le jour même où il dictait ces mots, l'empereur grec, en effet, ratifiait le projet de conférence à Byzance apporté par Garatoni 2.
Eugène IV, dans cette circonstance, montra une prudence et une abnégation singulières. Quand les frères Disypato arrivèrent à Florence pour traiter avec lui définitivement sur la basé des préliminaires de Constantinople (21 janvier 1435), il les renvoya au concile et déclara qu'il approuvait d'avance ce que celui-ci déciderait. Tout au plus se permit-il d'indiquer sa préférence pour la solution la plus simple et qui avait l'avantage d'être acceptée déjà par les Orientaux ; il ajouta seulement qu'aux yeux de bien des gens le projet dés pères semblait à peu près irréalisable3.
Cette condescendance méritoire n'était pas exempte d'habileté : elle permettait aux pères de se rallier, sans aucun sacrifice d'amour-propre, au projet de conférence à Byzance. C'est à quoi les exhortèrent désespérément, non seulement l'envoyé du pape, Garatoni, mais les ambassadeurs de Paléologue (avril 1435). L'avantage était évident : on évitait des frais immenses, des retards désastreux ; on contentait les Grecs, ce qui n'était point indifférent, vu le but qu'on se proposait; on ne leur donnait pas le spectacle fâcheux d'une Eglise latine divisée, hésitante, infidèle à des engagements connus dans tout l'Orient ;onne risquait pas qu'ils désavouassent, comme ils le firent malheureusement plus tard, des arrangements pris au loin sans leur approbation.
1. Ampliss. collect., VIII, 776; Monum. Concil., II, 763, et (sous la date du 15 décembre) Rinaldi, IX, 177. — Cette lettre fut lue à Bàle le 3 décembre, en même temps qu'une lettre du cardinal Orsini du 16 novembre (Bibl. nat., ms. lat. 15627, loi. 205 r°; Mansi, XXX, 876, Concil. Basil, III, 263; V, 110).