‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 389 sur 396 · ÉVOLUTION DE CESARINI · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION DE CESARINI

Aleman, ce qui eût mis le saint-siège en fort mauvaise posture, et, de fait, en répondant au pape, il lui conseilla de céder presque sur tous les points : dans l'affaire du pallium de l'archevêque de Rouen, sur la question des élections, sur celle des annates, sur celle même des indulgences. Eugène pouvait seulement n'octroyer ces dernières que dans l'hypothèse où les Grecs feraient le voyage de Bâle : comme il était presque sûr que les Grecs refuseraient d'y venir, le pape demeurerait libre de n'accorder son concours qu'au cas où les pères feraient choix, pour le synode futur, d'un lieu où lui-même pût se rendre l.

Ces conseils furent médiocrement goûtés à Florence : Eugène IV ne donna pas suite au projet d'arbitrage. Cesarini ne revit donc point le messager Leonardo, ce dont, d'ailleurs, il se plaignit2. Le moment n'était pas venu encore où la cause du saint-siège devait bénéficier des scrupules du très consciencieux et sincère légat.

Il n'en est pas moins vrai que le pape entrevoyait dès lors la possibilité de détacher Cesarini du groupe de ses adversaires. Au surplus, ce ne serait pointle premier cardinal qui reviendrait à lui3. On a déjà noté le retour de Jean Casanova 4. Avant la fin de l'année 1435, Eugène IV vit reparaître aussi les cardinaux de Rochetaillée5,

1. J. Haller, I, 387, 392 ; cf. p. 134 (aux mss. cités par l'éditeur joindre le lat. Vat. 4187, fol. 18 v°-23 v°). Cf. Monum. Concil., 11,889.

2. Le 25 mars 1436, Cesarini écrit de Bâle au marquis de Mantoue: « Utinam Dominus noster voluisset michi credere, videlicet quod remisisset jamdiu dominum Leonardum cura illis petitionibus, ad hoc ut ante tempus isti dimisissent illam diffidentiam, et tune misisset istos dominos cardinales, vel alterum ex eis ! Nunc autem videbitur istis quod quicquid per Dominum nostrum offeretur, fiât ut possit hinc transferri Concilium : propter quod isti erunt difficiliores. » (Archivio Gonzaga de Mantoue, Carteggio degV inviati ed' altri ne Svizzeri, E xvn, n" 3.)

3. Le concile pourtant avait tenu la main, dès l'été de 1434, à ce que les cardinaux venus à Bâle touchassent tous les émoluments qu'ils auraient perçus s'ils étaient demeurés en cour de Borne (J. Haller, III. 163; Monum. Concil., II,

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