Monum. Concil.,l
Le Pape et le Concile 2
nois qu'il traversera, dans toutes celles où il séjournera, y compris Sienne, les officiers et capitaines jureront de le protéger, de lui être fidèles, d'exécuter ses ordres. Les gens du concile, aussi bien que ceux de la cour de Rome, seront soumis à la juridiction de ses officiers, tant au civil qu'au criminel. Ceux-ci seront libres d'édicter telles ordonnances qu'il leur plaira, et ces ordonnances seront applicables aux pères comme aux curiaux. Les suppôts du concile ne pourront s'en aller qu'avec la permission du pape, de son vice-camérierou de commissaires nommés parle souverain pontife *. Les Siennois respecteront tous les sauf-conduits du saint-père, à condition que celui-ci n'introduise dans Sienne, sans leur permission, aucun personnage puissant., capable de leur porter ombrage, et que les vicaires de l'Eglise n'y pénètrent point avec une escorte de plus de 100 chevaux. Toutefois le pape pourra lui-même, à l'arrivée et au départ, se faire accompagner de 200 cavaliers, conserver à Sienne autour de lui une garde de 150 fantassins ~, et même entretenir sur le territoire une troupe de 500 chevaux.
Ce n'était pas encore assez. La correspondance du consistoire révèle un fait qui ne s'est jamais ébruité, que je sache 3. Martin V réclama, dans le cours du même mois de juillet, l'adjonction au traité de deux articles secrets qui eussent achevé de le rendre maître de la situation. Hanté sans doute par le souvenir des entreprises du concile de Constance contre Jean XXIII, il voulait pouvoir requérir l'assistance effective des autorités siennoises contre toute personne, ecclésiastique ou séculière, qu'il soupçonnerait de comploter une machination à sonpréjudice : c'est du moins ce que le laconisme des pièces permet de conjecturer.
J. Il n'est pas exact de dire (cf. G. Pérouse, p. 48) que les pères ne pouvaient venir au concile sans sauf-conduit du pape ou de ses délégués.
2. Qui n'est pas, comme on Ta dit (G. Pérouse, loc. cit.), une « force armée chargée d'assurer la police de concert avec les autorités siennoises ».
3. Aucun contemporain n'en fait mention. Jean de Raguse, s'il l'eut connu, n'eût pas manqué d'en tirer parti.