‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 47 sur 396 · ENTENTE DES SIENNOIS AVEC ROME · texte numérisé non relu

ENTENTE DES SIENNOIS AVEC ROME

« nations » et les légats de Martin V l. Gomme on ne parvenait pas à s'entendre ~, l'évêque de Lincoln partit pour Rome (12 octobre), suivi de deux autres délégués 3. Or, il paraît que Martin V leur fit une réponse favorable 4. Les pères aussitôt se radoucirent et, probablement, rabattirent beaucoup de leurs prétentions. Ce qui fait que les légats — la chose mérite d'être notée — présentèrent eux-mêmes à l'acceptation de la république le nouveau projet d'asseurement. C'est une circonstance que les Siennois eurent bien soin de mettre en relief, afin de dégager leur responsabilité : « Nous faisons savoir à votre Sainteté, écri- « vaient-ils le 6 novembre, comme quoi, requis par vos très c< révérends présidents du saint concile, nous avons concédé à « ceux qui vinrent ou qui viendront audit synode certain asseure- « ment ou sauf-conduit dans la forme même qu'il a plu auxdils « présidents de fixer, sans y rien ajouter, sans en rien retran- (( cher... 5 » Et plus tard, le 13 janvier, ils insistèrent encore

dini principali, el anco de più prelati equali, corne amici del nostro Comune, cen'anno parlato, tutto questo interviene per non essere venuto quà el santo Padre al debito tempo. » [Copia letlere del Concistoro, n° 1622.)

1 . L*archevêque de Crète et l'évêque de Spolète étaient attendus à Sienne dès le 8 juillet ; à cette date, on s'occupait, en même temps que de leur procurer des lits, de leur présenter, à titre de cadeaux de bienvenue, des bonbons, des dragées, de la cire, un muid de blé, d'orge et d'épeautre et douze bouteilles de vin (Concistoro, Deliberazioni, 334, fol. 7 r°). Les 18 et 19 août, il est question des habitations que l'État devait faire aménager pour l'archevêque de Crète et pour l'abbé de Colonna (ibid., fol. 21 v°, 22 r° et v°). Le 11 septembre une délégation fut chargée de conférer avec les présidents du pape à l'occasion des instructions qu'on devait rédiger pour le nouvel ambassadeur à Rome, Andreoccio di Marco Bindi (ibid., 335, fol. 6 r°).

2. Ces discussions eurent pour effet de retarder une session fixée d'abord au 8 octobre (v. une lettre du 6 octobre, citée plus bas, p. 28, note 5). Ce même jour, une commission fut chargée par le gouvernement de rédiger les réponses à faire, sur la question du sauf-conduit, tant aux présidents du pape qu'aux représentants des » nations » {Concistoro, Deliberazioni, 33i,fol. 12 V).

3. Dominique de San Gemignano et Barthélémy de Pistoja (Copia letlere del Concistoro, n° 1622).

4. V. une dépêche de l'ambassadeur siennois datée de Rome, le 21 octobre (Copiari di leltere dirette al Concistoro, liasse 48).

T>. « Insuper Sanctitati vestre notum facimus qualiter, requisiti a vestris reverendissimis Presidentibus sacri Concilii, quamdam securitatem et salvum conductum iis qui venerunt et venturi sunt ad Concilium concessimus, in eadem forma, nil addito vel dempto, in qua de ipsorum Presidentium voluntate processit,

sur la correction parfaite de leur attitude à ce moment : « Les « nations réclamaient un sauf-conduit. Craignant qu'il n'en « résultât quelque inconvénient pour vous, nous n'avons con- « senti à l'octroyer que quand il a plu à votre Sainteté de le per- « mettre. Encore avons-nous voulu le faire sous la forme qui « nous a été indiquée, pas autrement l. » Rien de plus exact. Des copies de l'asseurement avaient été soumises notamment à deux cardinaux alors présents à Sienne 2, Antoine Correr et Alphonse Garillo 3. Par surcroît de précaution, le consistoire avait exigé des légats remise d'un ordre écrit 4, qui fut ensuite déposé entre les mains d'un des bourgeois de la ville 5. Ainsi les autorités siennoises semblaient se faire forcer la main. En réalité , très satisfaites du résultat de la négociation , elles agissaient pleinement d'accord avec les représentants du pape ; mais au saint-siège revient en grande partie le mérite d'avoir trouvé la solution d'un premier conflit qui menaçait de désorganiser le concile.

eamque in publica forma, hoc mane, eisdem Presidentibus présentait fecimus. » (Copia letlere del Concistoro, n° 1622.)

1. V. cette lettre, plus bas, p. 45, note 1. . 2. Alphonse Carillo était arrivé à Sienne vers la fin du mois d'août, et Antoine Correr vers la fin du mois de septembre. Il est plusieurs fois question des honneurs qui leur furent rendus lors de leur entrée et des demeures mises parla ville à leur disposition (Consistoro, Deliberazioni, 334, fol. 25 r°; 335, fol. 4 v°, 5 r°, 7 V, 8 v°, 18 ru, 21 v°; 336, fol. 6 V).

3. V. une décision du 2 novembre : « Decreverunt quod trahantur très copie salviconductus quem Présidentes Concilii petunt Concilio fieri, que ostendantur illis duobus cardinalibus qui Senis sunt, et uni alteri, prout ipsis infrascriptis euntibus et redeuntibus videbitur... » (Concistoro, Deliberazioni, 336, fol. 3 r°).

4. Décision du 4 novembre : « Quod infrascripti très de Balia, ex parte Consistorii, respondeant Presidentibus Consilii super facto salvi conductus quem fieri Concilio petunt, replicando verba que dixerunt dicti Présidentes eisdem, et dicendo, illis verbis hornatis quibus eis videbitur, quod Consistorium et Commune Senarum est et fuit et erit semper promptum et paratum eis complacere ; et quod finaliter cura eis concludant quod dicti Présidentes ostenda[n]t et dent eis scripturas eorum mandati, cujus auctoritate dicti magnifici Domini et Consistorium possint facere dictum salvum conductum. Quo viso et dato, salvus conductus erit eorum beneplacito paratus, dummodo faciant contentos stare dicto salvo conductu illos de nationibus. ». (Ibid., 336, fol. 4 r°.)

5. Décision du 7 novembre : « Quod pênes ser Nicolaum Dardi deponatur licentia quam Présidentes Concilii dant ma^rnificis Dominis et toti communitati.ut per Commune Senarum possit fieri salvus conductus omnibus venientibus ad dictum Concilium. » (Ibid., fol. 6 v°.)

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