Jean deRaguse, p
2. Lettre du 9 décembre ] 123 : « Dominum Michaelem Johannis de Suis, quem personaliter capi fecit in civitate nostra Senarum : quod fieri non poterat obstante nostro generali salvo conductu concesso sacrosancto g-enerali Concilie- Senensi, quo inediante quilibet potest venire, stare et recedere pro libito voluntatis libère et securc. » (Arch. d'État de Sienne, Copia lettere del Concisloro, n° 1622.)
3. Il est question de ce projetdans une lettre du 23 novembre (Monum. Concil.,1, 27). — Le 10 décembre, les Siennois avaient décidé l'envoi de trois commissaires
on comprit où ils voulaient en venir. Le 14 décembre, pour la première fois, dans un registre de délibérations des commissaires siennois chargés des affaires de synode, se lit cette réflexion amère : « Les présidents semblent vouloir dissoudre le concile, « ou bien le transférer à Rome. »
Consternés par cette constatation, les commissaires s'adjoignirent neuf bourgeois notables : on décida une démarche auprès des légats, une autre auprès des pères, et, sur le missel, en attendant, on se jura le secret ; puis rédaction, discussion d'un projet d'adresse, désignation d'orateurs (15 décembre) *. La dissolution ou la translation, avant qu'aucune réforme eût été opérée, n'était-ce pas, non seulement un préjudice, mais un scandale pour la chrétienté ? La honte en rejaillirait sur le souverain pontife, sans parler du tort grave et de l'injure qu'on allait causer à une république exempte de reproche. Ce sont ces considérations, suivies de véhémentes prières, que les orateurs siennois durent développer tour à tour devant les légats et les pères 2.
D'autres démarches individuelles furent faites auprès de certains prélats.
L'ambassadeur aragonais, cependant, profitait de l'occasion pour jeter de l'huile sur le feu. Ses ouvertures, dont le sens
aux cardinaux résidant à Sienne, aux présidents et aux « nations » ; il s'agissait de les entretenir des moyens de renforcer le concile [Concistoro, Deliberazioni, 336, fol. 27 v°;cf. fol. 29 r").
1. « Et cum videatur quod Présidentes sacrosancti Concilii intendant dictum Concilium dissolvere vel in civitatem Romanam transmutare, maxime quia hoc videatur quia hi Présidentes denegaverunt et in totum impediverunt quod nationes non miserint ad dominum Papam nostrum oratores qui eum rogarent ut hue accederet ad Concilium : solemniter et concorditer decreverunt quod hodie hec materia proponatur toti eorum collegio, una cum infrascriptis .ix. civibus, quos de communi concordiaelegerunt. .. Factaque proposita per magnificum Priorem et Capitaneum populi... utrum cum Presidentibus et nationibus loqui debeat, et quid dici debeat, fuit primo et principaliter per omnes eorum, album reddentes, victum et obtentum quod dictis Presidentibus Concilii et nationibus hujus Concilii loquatur et loqui debeat omnino. Et quod aliquis ex collegio Dominorum iret ad loquendum cum Presidentibus et nationibus, non fuit obtentum... » (Ibid., fol. 29 v°, 30 r°.)
2. La lettre reproduite ci-dessous (p. 43, note 2), qui esta peine postérieure, peut donner une idée du sens de ces harangues.