Lettre du 18 janvier 1424 (Monum. Concil., I
2. Sur les ouvrages de ce frère prêcheur et sou rôle au concile de Florence, v. Quétif etÉchard,I, 812.
3. Jean de Raguse, p. 61, 63. Cf. l'appel de l'abbé de Paisley {Monum. Concil., I, 55).
tendances, on s'en souvient, leur inspiraient le plus d'inquiétude.
Le 3 janvier, date à laquelle expiraient les pouvoirs du président de cette « nation » , celle-ci se trouva envahie par un flot d'ecclésiastiques arrivant de Rome ' ; ils amenaient avec eux, dit-on, leurs familiers, jusqu'à des cuisiniers, jusqu'à des palefreniers : allégation, d'ailleurs, assez peu vraisemblable ; car, si le règlement, très large, de la « nation » admettait à faire partie du concile des curés, des gradués, même de simples clercs, il exigeait qu'ils eussent reçu des ordres et que leur capacité fût reconnue 2. Quoi qu'il en soit, les voix se partagèrent également entre le président sortant, Bertrand de Cadoène, évèque de Saint- Flour, zélé réformateur ', et Jean de Fabrègues, évèque de Lescar, un des nouveaux arrivants 4. Le lendemain, second scrutin, mais en deux locaux séparés ; il y eut cette fois, dit-on, sept voix de plus pour Cadoène. Fabrègues ne laissa pas de prétendre à la présidence. En présence de ce conflit, les légats proposèrent aux deux partis leur médiation : elle fut déclinée par les amis de Cadoène, qui ne voulaient d'autre juge que le concile lui-même. Sur le refus des légats de convoquer les « nations », les partisans de l'évêque de Saint-Flour firent eux-mêmes leurs invitations et, le 10 janvier, devant les pères, exposèrent leurs griefs et leurs vœux. A les entendre, la scission scandaleuse de la « nation » était l'œuvre de la cour de Rome ; ils demandaient justice, non pas aux légats, mais à des commissaires que nora-
1. Jean Je Raguse désigne, en particulier, le recteur de l'Université de Rome.
2. « Céleri vero in sacris ordinibus constituti, moribus et vita idonei, quorum idoneitas nationi discutienda dimittitur et sacro Concilio utilis esse credetur, admittantur. » (Monum. Concil., I, 12. J D'après un autre texte, le droit des princes laïques et des clercs dépourvus de prélatures de faire partie du concile aurait été discuté à Sienne, sans qu'on fût arrivé, sur ce point, à aucune décision ferme (Mansi, XXVIII, 1084).
3. Il avait pourtant commencé, au temps de Benoît XIII, par se faire pourvoir d'une abbaye au détriment de l'élu (LaFr. et le Gr. Sch.d'Occid., III, 364).
4. Cf. mon Hist. de la, Pragmatique Sanction de Bourges sous Charles VII, p. xx.