DIVISION SEMÉE PARMI LES PÈRES
nierait le concile, et qui, en même temps, connaîtraient de certains cas mystérieux, tels que l'enlèvement de Guillaume Josseaume, demeuré impuni. Quant aux actes des Français groupés autour de Jean de Fabrègues, ils les déclaraient nuls, et saisissaient cette occasion de réclamer plus que jamais la réforme, la venue du pape, celle même de l'empereur de Gonstantinople l.
Cette bruyante manifestation échoua devant l'indifférence et la lassitude générales. Il faut croire que les autres « nations » , travaillées ou non parles légats, inclinaient, en réalité, vers la dissolution. Loin d'approuver l'idée d'une nouvelle démarche pour hâter la venue du pape, elles ne parurent plus songer qu'à leur séparation prochaine. Ce sont les Français eux-mêmes qui le constatent, un des jours suivants : prélats, docteurs, notables clercs partaient les uns après les autres ; nul n'arrivait pour les remplacer -.
Les Français alors, ou du moins ceux qui reconnaissaient pour président Cadoène, prirent le parti de renouveler leur protestation devant les légats (26 janvier). Le concile se mourait, dirent-ils, par la faute des absents, — pape, cardinaux, prélats, ambassadeurs de princes, représentants d'Universités, — par l'effet des désertions, de plus en plus nombreuses, et par la volonté des légats. Quant à eux, ils dégageaient leur responsabilité: ils n'étaient pour rien dans l'abandon de toutes ces grandes œuvres qu'ils avaient indiquées jadis dans leur programme, et en vue desquelles le concile s'était réuni. Ils ajoutaient (ce qui ne pouvait manquer d'alarmer le saint-siège) qu'à leurs yeux, la France était rentrée en possession de ses « libertés » du jour où, par suite de l'expiration du délai de cinq ans, le concordat de 1418 avait été périmé; ils arguaient donc de nullité tout acte pontifical portant atteinte à ces franchises et, de plus, protestaient contre toute mesure qui ne serait pas conforme à ces