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LE PAPE DEMEURE INÉBRANLABLE

et Jacques Cerretani, « scriptor » des lettres apostoliques l. Leur langage est bienveillant, mais ferme : le pape regarde les Siennois comme des fils très fidèles et croit toujours à l'excellence de leurs intentions ; cependant l'intérêt de l'Eglise et celui du saint-siège veulent qu'il soit procédé à la dissolution ; donc les Siennois auront à se conformer à la volonté du pape et à prêter, autant que possible, leur concours à ses présidents 2.

C'était net, et embarrassant. Le consistoire prend l'avis de trois jurisconsultes, cherche à gagner du temps 3. Le programme suivant vient de lui être tracé, à deux reprises, par le Conseil du peuple, à une forte majorité (28 février4, 6 mars) : de la douceur, point de violences, mais le maintien du concile à tout prix 5 ! On imagine enfin de répondre que, dévoués à la personne du pape et prêts a obéir à tous ses commandements, les Siennois feront leur possible pour venir en aide aux présidents. Cependant ils forment une demande. Que le concile prenne iin, soit ! mais qu'il finisse dignement ! Cela importe à l'honneur du saint-siège, autant

tauban ;5 juin 1424 , puis de Conserans (10 septembre 1423). Faitlet portait, à la plus ancienne de ces dates, les titres de chantre de Lavaur et de référendaire du pape (Eubel, Hierarch. cath., I, 211, 363).

1. Jacques Cerretani emmenait quatre chevaux; son voyage dura quatorze jours, et il toucha, le 21 mars, 20 florins en la Chambre apostolique pour s'indemniser de sa dépense ( Arch. du Vat., Intr. et exit.. 382, fol. 136 r°).

2. Lettre des Siennois au pape du 8 mars 1424 (Copia lettere del Concistoro, IV 1623).

3. Concistoro, Deliberazioni, 338, fol. 2 v°, 3 r° et v°, 4 v°, 5 r°.

4. La majorité du 28 février était de 128 lupins blancs contre 63 noirs : « Quod maleria Concilii prorogetur moclis debitiset honestis et sine impressionibus plus quam possibile erit ; et quod sit remissum in magnificis Dominis et Capitaneo populi nunc residentfibus], et similiter postca in magnificis Dominis novis, cûm erunt in officio, Vcxilliferis magislris et oflicialibus Balie, respondere brevi sarictitatis Pape, prout crediderint conveniri, declarato quod ad nullam dissolutionem Concilii se obligent neque veniant quoquo modo. » (Ihid., 337, fol. 29 v°.)

5. Décision prise, le 6 mars, dans le Conseil du peuple : « Quod magnifici Domini, Capitancus populi. Vexilliferi magistri et alii officiales Balie debeant respondere dictis oratoribus humane et dulce, prout eis videbitur convenire, non obligando se propterea ad aliquam dissolutionem Concilii ; et intérim procedatur ad prosecutionem Concilii sine aliqua impressione, vi, vel aliquo alio inhonesto modo ; et morentur novi oratoires venturi a dicto domino nostro Papa, cum quibus nullus partitus seu conclusio accipiatur sine licentia Consilii populi. » (Ihid., 338, fol. 4 v°.)

Le Pape et le Concile. 5

qu'à celui de la cité. Or, les légats ont exclu les membres du clergé de Sienne : il faut que le pape les fasse admettre, que la <( nation italienne », avant de se disperser, soit unie, et qu'on cesse de témoigner de la méfiance à des prélats qui, dans tous les pays du monde, seraient jugés dignes de siéger en un concile général *.

Jamais les envoyés du pape ne purent obtenir d'autre réponse 2.

Le dénouement, d'ailleurs, était proche et allait se produire inopinément. Tellement réduit par suite des départs successifs qu'il en devenait presque ridicule, le concile ne devait pas prolonger son existence au delà du carnaval.

1. « Rogantes solummodo quod pro honore vestre Sanctitatis et nostre civitatis finis honorabilis poneretur, et vellent operari quod prelati nostri, qui a Presidentibus vestris exclusi fuerant, admitterentur, et natio Italica, que divisa tenebatur, ab eis uniretur adinvicem, ita quod cum bona concordia ad finem veniretur optatum, nec diffidentia ostenderetur de prelatis nostris, qui, nedum in pro pria civitate, sed in qualibet externa patria, essentad Coneilium admittendi, eo maxime quia per brève Sanctitatis vestre vidimus quod de ipsis nostris prelatis nullam habebatis diffidentiam, imo potius desiderabatis quod plures adessent... » (Lettre des Siennois au pape du 8 mars, loc. cit.).

2. Réponse de Martin V à la lettre précédente (ci-dessous, p. 70, note 3). — Le pape semble dire que les Siennois lui ont envoyé directement leur réponse, dans leur lettre du 8 mars, au lieu de la faire entendre, comme il eût été convenable, à Faidet et à Cerrelani. Mais une lettre des Siennois, adressée le 8 mars aux présidents du pape, ne laisse aucun doute sur la réalité de cette réponse faite aux ambassadeurs, probablement dans la matinée du 7 : « Sciunt oratores sanctissimi domini nostri Pape novissime destinati quam gratum et acceptabile responsum reddideramus eorum petitionibus et requisitionibus nobis factis ; et certe, cognita intentione dicti Domini nostri, equo animo acquiescebamus dissolutioni sacro-. sancti Concilii Senensis, querentes solummodo, pro honore Sanctitatis sue, vestrarum Reverentiarum et nostri Communis, quod finis honorabilis poneretur... Sed, cognoscentes quod statim facta responsione nostra discesseritis occulte et insalutato hospite... » (Copia lettere del Concisloro, n° 1623.) Cf. ci-dessous (p. 69, note 1) le procès-verbal du 7 mars.

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