‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 96 sur 396 · Mansi, XXVIII · texte numérisé non relu

Mansi, XXVIII

2. « Quia non veniebant prelati. » (Mémoires de Gimignano Inghirami, doyen de la Rote, Archivw storico italiano, 5e série, I, 1888, p. 43.)

LE SAINT-SIÈGE OCCUPÉ DE RÉFORMÉS 8l

drait lui fournir. Il la composa des trois cardinaux qui avaient paru ou séjourné à Sienne pendant la tenue du concile, Antoine Correr, Pierre de Foix et Alphonse Carfllo (ce dernier' était un des auteurs d'un projet de réforme soumis au pape dans les premières années de son pontificat) ; il pria tous ceux à qui Dieu inspirerait une idée salutaire d'adresser une note écrite à ces cardinaux; le rapprochement, la fusion de ces mémoires permettraient d'opérer la réforme avec maturité, sans que l'œuvre en fût pour cela interrompue ni retardée. Le pape se proposait, en outre, de charger dans chaque province certains prélats de travailler sur place à l'amélioration du clergé (12 mars 1423) '. « Nous « eussions désiré, écrivait-il à l'archevêque de Tolède, que, toi « et les autres pères, animés d'excellents sentiments, vous pus- « siez traiter de la réforme dans le concile de Sienne avec la « gravité et l'indépendance voulues : malheureusement, vous avez « vu le bouleversement qui s'est produit. Nous n'entendons pas « cependant abandonner l'œuvre de la réforme : nous comptons « la poursuivre en notre cour...» Et comme, ce qu'il regrettait, l'archevêque de Tolède devait retourner dans sa province, il lui recommandait, du moins, d'y prendre en toutes circonstances la défense de l'honneur et de la dignité du saint-siège ~.

Il ne faudrait pas croire que ces écrits du pape continssent des promesses vaines. La commission cardinalice instituée au printemps de 1424 se mit à l'œuvre, et ce sont ses efforts sans doute qui aboutirent à la constitution pontificale du 13 avril 1425, qui fut publiée en la Chancellerie le 16 mai suivant 3. En ce qui concerne les cardinaux, obligation de veiller sur leur conduite et leur tenue, de s'abstenir de toute fonction étrangère au ser-

1. Rinaldi, IX, 2, 3. — Dans un bref adressé, le même jour, à l'archevêque de Cologne, il lui recommandait chaudement les prélats chargés de la réforme des abus ecclésiastiques en Allemagne (L. Pastor, GeschichLeder Piipste, t. I, p. 238, note 3).

Page 1