‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 132 sur 257 · Deutsche Reichsiagsakten, X · texte numérisé non relu

Deutsche Reichsiagsakten, X

3. J. Hallcr, II, 263; Mansi, XXIX, 42; Ampliss. cnUect., VIII, 199. ^'. les réflexions que ce décret inspirait plus tard à Eugène IV (Rinaldi, IX, 205).

ATTITUDE MENAÇANTE DES PÈRES 20o

être tenté dv laire dans rintorvallo ! (Quiconque accepte de ses mains un hénélice eidevé à (iucli[iu' membre de l'assemblée luml)e par cela même dans 1 incapacité de jamais posséder un bént'fice ([vu'lcon(|ue '. On ne va pas jusqu'à ôter au saint-père (1 nue manière aljsulue le droit de conférer les bénéfices, comme le demandaient déjà les délégués de l'Université de Paris -, mais on ])rétend lui interdire tout engagement ou aliénation de biens ecclésiastiques, toute imposition de taxe nouvelle dans les Etats pontificaux, toute levée de décime ou autre subside extraordinaire. On traite son concile de Bologne de (( conventicule de (( schismatiques », dont les membres seront excommuniés ipso facto et deviendront inhabiles à posséder des bénéfices. Enfin, vingt jours après l'expiration du délai de rigueur fixé au souverain pontife, cardinaux, patriarches, officiers de la curie doivent s'être éloignés de Home et s'être mis en route, soit pour rejoindre le concile, soit j)our regagner leurs diocèses, s'ils ne veulent encourir la perte de tous bénéfices •'.

Un peu plus tard, croyant savoir que le pape songe à déposer le roi des Romains, les pères n'hésitent pas à prendre Sigismond sous leur protection spéciale. Ils déclarent nul d'avance ce qu'Eugène ferait contre lui, contre le duc-protecteur, contre toute autre personne adhérant au concile [22 janvier 1433) ''.

1. C.'csi par ap])licati<)ii de ce (k'crel que le concilo annula, le Iti mars 1433, certaine Iranslalion laite par le pape de l'abbé de lîonlieu ^diocèse de Limoges) à l'abbaye de lîonnecombe (diocèse de Rodez) et enjoi};nit aux religieux de ce dernier monastère de recevoir comme abbé un nommé Pierre (sans doute Pierre de Combes ; cf. (i:ill. christ.. I, 23.'); H. de Harrau, Elude hisLor. sur Vamienne ahluti/e de Bonnecombe, dans Méin. de la Soc. des lettres., se. et arts de rAveyron, II, 18i0, p. 246), sous peine d'encourir des censures qui ne pourraient être levées qu'à l'article de la mort. Dans un ms. provenant du cardinal Orsini. cette lettre dn onciieest (lualifiée de « exoi-bitantissinia et plena multis crroribus, ubi omnino niluntur usurpare auctoritalem Pape » (Hibl. Lanreutienne, plut. x\ i, ms. 13, fol. 101 r").

2. .1. Hallcr. II. 2h1. — Celle motion avait rencontré un accueil favorable dans la dépulation des AlTaires mixtes jhid., p. 283; cf. Moiiiim. Cuncil., II, 287'.

3. Ihid.. p. 288-291 ; Mansi, XXIX, 43, 46. V. le commentaire donné A ces décrets dans une lettre écrite, de Bàle. Ie26 jan\ier 1133 ihid., X\.\I. 173j.

4. J. Ilaller, 11,322: Monum. Cuncil., U. 207 ; Mansi, .\.\I.\. il.

206 F.idKM-; IV Kl' i.K CONÇU, 1. m; kai.i:

A loxpiratiou du délai do soixanto jours, deux ôvè([uos de nouveau appellent, par Irois l'ois. Eu<^ène du seuil de la cathédrale, et, cet appel denieuranl, comme toujours, sans réponse, la déclaration de contumace est mise à Tordre du jour de la session suivante. On aggrave, en même tem[)s. certaines des décisions prises le 18 décembre (19 février) '.

Depuis longtemps l'hvpothèse de la déposition d'Eugène l\ était envisagée de sang-froid '-. On s'occupait déjà de régler la façon de procéder à l'élection d'un nouveau pape, et, le 25 janvier 1433, on lut une série d'articles prescrivant, par exemple, que le futur pontife serait gardé au secret, dans sa chambre, pendant huit jours, et qu'on emploierait ce temps à dresser des statuts qu'il jurerait d'observer sous peine d'être déchu ipso facto et châtié comme hérétique ■'. Entîn il était question de conlier à une délégation le gouvernement des villes ou provinces de l'État pontifical qui adhéreraient au concile de Bâle (21 février) ^.

Si le premier semestre de 1432 avait déjà vu Eugène IV, inquiet, déconcerté, faire un pas en arrière, dans quel désarroi devait le jeter la suite indiscontinue de déboires, d'échecs qui s'étaient succédé jusqu'au début de l'année 1433! Ses nonces éconduits, ses propositions dédaigneusement écartées, ses pouvoirs restreints, son procès commencé, sa légitimité même mise

1 . On proroge indéiinimenl la mesure prise au sujet des collations préjudiciables au concile, et l'on étend la peine de l'inhabilité aux membres des chapitres et des monastères qui accueilleraient des ecclésiastiques enrichis des dépouilles de membres du synode îJ. Ilaller, II, 350, 351; Monum. Concil.,ll, 326-329; Mansi. XXIX, 4X).

2. L'allemand Martin de Walthausen écrit, de Bâle, le 2i octobre 1432: « Timctur aut Pape, quia Ecclesie Dei impedit periclitantis subvencionem, deposicioneniaut aliqualis scismatis, quod absit, in Ecclesia vix posse evitari occasioncm." (Musée britannique, ms. Addit. IG58i, fol. 112.) Rien de surprenant, par conséquent, à ce que l'hypothèse de la déposition soit envisagée dans un mémoire rédigé, à Sienne, à la fin du mois de novembre {Deutsche ReichstiKjsakten, X,579). Cf. une lettre du l décembre (Mansi, XXXI, 159).

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