‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 133 sur 257 · MENACE DE DÉPOSITION · texte numérisé non relu

MENACE DE DÉPOSITION

OU cloute : autant de signes auxquels il devait furcémeul reconnaître l'inflexible résolution des pères et li'ur hostilité implacable.

Puis, [)our mesurer la loree de leurs coups, il n'avait (juà jeter les yeux autour de lui. A part quelques hommes à l'esprit entier, au tempérament tenace qui lui conseillaient encore la résistance, ou du moins la temporisation, dans l'espoir de parvenir à déplacer, ou même à supprimer un concile dont le besoin ne se faisait pas sentir ', il ne voyait parmi ses proches que lassitude et épouvante. On se souvient de la désapprobation que lui avaient marquée six cardinaux, en osant, de Rome même, faire adhésion au synode -'. Lun d'eux, le dominicain espagnol Jean Casanova, lui adressa tout un mémoire, plein de dures vérités, pour lui prouver l'inutilité de pour.suites contre les pères, l'obligation, au contraire, sous peine de péché mortel, de révoquer la dissolution '.

1. Il existe un mémoire rédigé, vers cette époque, par un partisan résolu de la suprématie pontificale. L'auteur estime qu'on ne se trouve en présence d'aucune des circonstances qui rendent nécessaire la tenue d'un concile. Les Hussitcs ont été jugés et condamnés ; s'ils se repentent, ce sera au pape de les faire rentrer dans le giron de IKglise. Les guerres actuelles ne mettent pas la religion en péril; Charles ^'II a bien le droit de repousser les envahisseurs, et. d'ailleurs, Eugène I\'a depuis longtemps chargé un légat do poursuivre la pacification. Enfin le soin d'accomplir la réforme appartient au pape, qui, par d'utiles constitutions, a déjà réforme les mœurs de la cour de Rome. Le même auteur va plus loin : suivant lui. c'est une grave imprudence de convoquer un concile en un temps où les intérêts ecclésiastiques sont si menacés : car c'est priver les princes île leurs conseillers les plus vertueux, de ceux qui sont le plus capables de défendre près d'eu.x les causes sacrées de la justice et de la religion. Notre auteur cepenilant estime (ju'il va lieu, sinon d'engager avec les hommes de Hàle des discussions juridiques, fort inutiles et même dangereuses, du moins de leur adresser des nonces qui se garderont de prononcer le mot de dissolution, mais prôneront doucement les avantages d'un changement de lieu, ceux aussi d'une réconciliation avec un souverain [xiutife plein de douceur et de bienveillance, et qui laisseront faire le temps. Il se llatle que le concile n'a |)oint de chance de durée, composé, comme il l'est : « Qui fere omnes sunt modici status, minoris reputacionis, indiscrète suo sensui innitenles. quercntes novilates. promature procedentes, facta sua por notorie Ecclesie Romane et Domini nostri inimicos conducentes. a])ud bonos et graves jam perdiderunt bonam extimacionem suam. » (lîibl. \'at.. ms. lat. Vat. 4138, fol. 14-16.)

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