‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 139 sur 257 · Haller. I. :UI · texte numérisé non relu

Haller. I. :UI

1*. I>a lettre suivante est adressée par le pape au f^ouvei-ncur de lîol<>j;nc le 10 a\ i-il I l.'{2i : Il Kx certis, justis et raeionahilihiis caiisis nioventihus nieiileni nostrani, tlecrevimus (]uod dilccliis filins Nicolaus Sieulus, abbas moiiasterii S. M. de Moniaeis. qui ad preseiis in civilate nostra Bnnoiiie eommoratiir, de dicta eixitate nostra milln niml" recédât ad presens. (Juaniobrein, si te adierit alio aeeedentli licenliani petitiirus, \uliimus te eidein nulloniodo licentiain exhibere, m in tamen expresse sibi denegare eandem, sed persuadere eidem. (juibus melius fieri polcsl raeionibns. morani ejns ad presens in pielata ci\itate nostra Hononie iililcni esse ae etiani oporlunam. •> Arcii. du \'aliran, lie;/. .57(1. loi. 7j v'.j

;{. Un mois après son arrivée à l$àle, le 9 avril I 13.'5, il commença de recueillir des textes relatifs aux pouvf)irs i-éciproqucs du pape et du concile, sans doute afin de s'armer en \ ne du nc)U\eau i-oU- (|n'il a%ait à jouer. Le résultat de ce travail, assez décousu, est consigné dans un ms. d'Oxford : « Inl'rascripta sunt aliqua dicta nota et memoria digna que ejio, Nicolaus Sieulus, abbas Moniacensis et in presentiarum (>urie apostolice generalis audilor. in scriptis redejfi, prout michi studendo ad alinni fniein occnri-cbant , a(lj'eci(pie plei'aque ([ue |)rius memoria Irncbani. Kt incepi ea colli}.'ere anno Domini .\1 CC(X^ XXXlll, die vero noua api \][>. (Iimi essem in Almania, seu Germania, in civilate Basilicnsi, unus ex oratoribusdcstinatis per sanctissimum dominuin Kufrenium |)apam IV ad i-everendissiinos dominos cai-dinalcs cl alios prelatos cl nia;;islros et doctoi'cs ibiilem conf,'re- {ratos causa celebraudi (loucilium frencrale. • liil)l, Hodléiennc. ms. l.aud Sliscell. 210. fol. KK-I 1.) .

1. Procès-verbaux aul licnli(|Mcs des 7 et '.• mars 11.}:» (Bibl. na(., nis. lat. \'Mr2. fol. ;î r" et V" : ms. lai. I l'.i.'). p. l.!o . Discours tics deux nonces (ms. lat. I 1S7'. fol. l'IO-L»!!»: Amiilixs. i;,ll,;l.. \III. .-);iK, :,;•.> ; J. Maller. M. .JGJ, aCG : Moniiin.

220 i.A vicToiHi: lu (;(tN(:ii.K

que le concile eût fait èi ces ouvertures la réponse qu'on prévoyait, il reçut. \m\v le canal de certains ambassadeurs allemands, le texte de la buUo du I i février. (|ui o()nl(Miait les suprêmes concessions dlui^èni' 1\ >'1\ et 27 mars).

Klle arrivait lui an trop tard.

Quels n'eussent pas été la joie et l'org^ueil triomphant dos pères si, vers la tin de l'hiver de I i32, ils eussent a])pris que, cédant à leurs supplications, le pape consentait à les laisser siég-er à Bàle, leur envoyait des présidents et éciivait de tous côtés pour renforcer leur nombre ' 1 Ils eussent, dans leur reconnaissance, cherché non seulement à défendre, mais à fortifier l'autorité du saint-siège : c'est ce dont Cesarini s'était porté g^arant -. Us eussent considéré Eugène IV comme leur chef, s'efforçant de lui complaire, prenant à cœur ses intérêts et ceux de sa famille.

Une année s'était écoulée, année de luttes sourdes ou violentes, de colères à demi concentrées : la mentalité des pères avait singulièrement changé. A leurs yeux, désormais, la permission de demeurer à Bàle ne comptait plus pour rien, du moment qu'elle n'était pas accompagnée de la ratification de tout ce qu'ils avaient fait dans l'intervalle et du désaveu de ce que le pape avait fait de son côté. L'envoi de présidents spécialement désignés par Eugène ne constituait plus pour le synode une force, mais une gène. L'affluence même qu'on annonçait paraissait dangereuse, car elle risquait de déplacer la majorité. C'est que la lutte était portée maintenant sur le terrain des principes : il y allait de la suprématie du pape ou du concile. L'occasion parais.sait trop bonne pour qu'on laissât échapper la vic-

ConciL. II. 33Ô. Le discours de .Tean de Mclla du 7 mars 1 133 se trouve aussi à la Bibl. "\'aticane ms. Palat. 003, fol. 22i-22:) . daté du vendredi après IWscension de 1 136.

1. Pour bien faire, cette concession eût dû se prt)duire avant les décrets du 15 février 1132, que le pape n'aurait point admis, et que les pères, de leur coté, n'auraient peut-être pas consenti à retirer.

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